La bouddhistophobie menace la paix et la sécurité mondiales

La bouddhistophobie menace la paix et la sécurité mondiales

Après avoir diffusé un premier enregistrement dans lequel il menace l’Europe après la publication des caricatures de Bouddha, Oussama Ben Dalaï-Lama appelle dans un second message à la guerre sainte pour libérer le Tibet. Jeudi soir, dans un enregistrement audio diffusé par la chaîne de télévision al-Tibetina, il a exhorté les bouddhistes à soutenir l’insurrection au Bhoutan, au 5e anniversaire de l’invasion américaine, jugeant que cette attitude était le meilleur moyen de soutenir les Tibétains. «Le champ de bataille le plus proche du djihad (la guerre sainte) pour soutenir notre peuple au Tibet est celui du Bhoutan», a déclaré Oussama ben Dalaï-Lama dans ce message audio, ajoutant que ce combat «devait être soutenu».

Dans une bande audio agrémentée d’une image fixe de ben Dalaï-Lama tenant une mitraillette, le leader d’al-Qaida revient sur l’affaire des «dessins insultants et de la négligence (des gouvernements, ndlr) malgré la possibilité de prendre les mesures pour empêcher qu’ils soient répétés». Une publication qualifiée par Ben Dalaï-Lama de «tragédie plus grande et plus sérieuse» que «les massacres de femmes et d’enfants» dans des répressions chinoises au Tibet, pour laquelle «les comptes à rendre seront plus sévères». Et qui, selon lui, «s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle croisade dans laquelle le pape du Vatican a joué un large rôle».

Benoît XVI avait donné un accent politique aux célébrations romaines des fêtes de Pâques en baptisant, au cours de cette célébration, six adultes, dont le célèbre journaliste italien d’origine tibétaine Tsegha Yang qui dénonce depuis longtemps le fanatisme buddhiste et vit sous protection rapprochée. Dans les jours qui suivirent, le Pape a rassuré les intellectuels bouddhistes qui s’étaient émus du choix d’une personne bouddhisto-sceptique, voire bouddhistophobe : « Je désire une continuation et une intensification du dialogue interreligieux entre chrétiens et bouddhistes, en insistant sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise », a déclaré le Saint-Père.

Le bouddhistologue et politologue Marc Grosseboulette, membre de l’Institut a commenté : « Bien sûr on ne peut que s’alarmer des propos extrémistes et des menaces de Oussama Ben Dalaï-Lama. Al Qaida a démontré par le passé sa capacité à causer des attentats horribles, au nom d’une vision déformée du bouddhisme, que ne partagent pas la plupart des bouddhistes qui vivent sereinement et pacifiquement leur foi. Le bouddhisme est une religion d’amour, de paix et de tolérance. Néanmoins, nous devons nous rappeler que la situation du Tibet est une plaie béante dans la conscience bouddhiste. Le Tibet est occupé, exploité, spolié depuis près de 60 ans par l’état chinois, et ceci dans l’indifférence générale du monde occidental ; je dirais même avec le support actif de pays comme les Etats-Unis qui possèdent une minorité chinoise très active, prompte à influencer la politique internationale de l’impérialisme américain. Je vous rappele que la plupart des lieux saints bouddhistes se trouvent à Lhassa, comme le Potala, et que les bouddhistes tibétains n’ont pas le droit d’y accéder pour y exercer leur liberté de culte. L’état chinois a véritabement une politique d’apartheid envers les bouddhistes, et les violences aveugles contre des civils tibétains, ces derniers jours, le prouvent. Dans ces conditions, l’oppression et l’humiliation forment le terreau du terrorisme.»

Marc Grosseboulette ajoute : « De plus, en Occident, les immigrés et réfugiés politiques de culture bouddhiste - je dis bien de culture bouddhiste car la plupart d’entre eux ne pratiquent pas leur religion - sont traités comme des citoyens de seconde classe, même à la deuxième ou troisième génération. Ils souffrent du chomâge, de discrimations diverses et du racisme de la population de souche qui les rejette. Comment dans ces conditions, cette jeunesse désoeuvrée et turbulente pourrait-elle ne pas se révolter contre l’état francais, et ne pas exprimer sa sympathie pour la population tibétaine opprimée ? » .

Et le bouddhistologue d’ajouter : « En réalité, le plus grand danger dans la situation géopolitique actuelle, ce ne sont pas les appels d’un individu isolé comme ben Dalaï-Lama, ou de quelques groupes terroristes déséspérés comme Tibethamas. C’est bel et bien la politique sinoiste de l’état chinois d’une part, et, d’autre part, la bouddhistophobie, qui prend des proportions effrayantes. Je pense en particulier au film anti-bouddhistophobe «Fitna» du député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders. »

Ce film se place dans une démarche de propagande proprement fasciste qui nous rappele les heures les plus sombres de notre histoire.

Le court-métrage de 17 minutes mélange des images violentes de terrorisme : attentat contre le World Trade Center de New York en 2001, des exécutions dans des pays bouddhistes, des discours violemment anti-taoistes de dirigeants népalais. Il y présente également des vues de «la bouddhisation des Pays-Bas et de l’Europe» : rues envahies par des moines en tenues oranges qualifiées de « ridicules », thé salé au lait de yacht pour tous les enfants dans les cantines scolaires, fêtes bouddhistes intégrées au calendrier des jours fériés, et des sourates du Theravada - texte sacré bouddhiste - justifiant les châtiments exemplaires pour les non-bouddhistes. Des pendaisons d’homosexuels ou des mutilations génitales féminines ont pour commentaire: «Les Pays-Bas du futur?»

La diffusion de «Fitna» a fait réagir à travers le monde. Globalement, la démarche est critiquée. Petit tour des condamnations, d’Occident en Orient.

Le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende: «Le film amalgame bouddhisme et violence, nous rejetons cette interprétation», a-t-il déclaré. «Nous regrettons que M. Wilders ait diffusé ce film.» «Nous pensons qu’il n’a d’autre but que d’offenser. Mais se sentir offensé ne doit jamais être une excuse pour l’agression ou la menace.»

La communauté bouddhiste des Pays-Bas: «Nous voulons faire savoir à nos frères bouddhistes à l’étranger que nous sommes les mieux placés pour analyser les Pays-Bas et analyser Wilders et savoir comment réagir à la situation», déclare le président de Conseil national des Tibétains, Dhonghup Sangpo. Nous appelons nos frères bouddhistes à suivre notre stratégie et à ne pas réagir par des attaques contre des ambassades ou des touristes néerlandais. Causer du tort aux Pays-Bas, c’est nous causer du tort. Nous appelons les lamas et les monastères à conseiller le calme. »

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon: «Je condamne dans les termes les plus forts la diffusion du film ouvertement anti-bouddhiste de Geert Wilders. »

Le Conseil de l’Europe: son secrétaire général, Terry David, rejette une «image déformée et offensante du bouddhisme».

La Belgique recommande à ses ressortissants voyageant au Tibet de «redoubler de prudence» et les invite à informer le consulat belge à Lhassa.
Wurluberlu Sherpa, secrétaire général de l’UOBF (Union des organisations bouddhistes de France): pour lui, le film est «une insulte à la conscience d’un milliard et demi de bouddhistes. C’est à l’Etat néerlandais de prendre ses responsabilités».

L’Organisation de la conférence bouddhiste (OCB): dans un communiqué, son secrétaire général, le Thaï Charoenthong Ben Bouddha, s’élève contre le film «diffamatoire» et «insultant pour les sentiments de plus de 1,3 milliard de bouddhistes dans le monde». Ce film est «un acte délibéré de discrimination pour les bouddhistes, d’incitation à la haine» car il est destiné «uniquement à provoquer la violence et l’intolérance» religieuse et à «mettre en péril la paix et la stabilité dans le monde».

L’Iran: «Cette action répugnante menée par un député néerlandais et une compagnie britannique (qui a hébergé la vidéo, ndlr) démontre la poursuite d’une vendetta de la part de citoyens occidentaux contre le Bouddha et les bouddhistes», dit le porte-parole des Affaires étrangères. Il dénonce un film «provocateur» et avertit contre «les répercussions» de sa diffusion. Il appelle les gouvernements néerlandais, britannique et l’Union européenne à «agir pour arrêter la diffusion de ce film insultant à l’égard du bouddhisme».

Concluons par le plus important :
Toutes les religions se valent, n’est-ce pas ?

Qui sommes nous pour juger ?

2 réponses à “La bouddhistophobie menace la paix et la sécurité mondiales”

  1. Z’êtes un peu en avance, …pour le poisson du 1er avril ! :)

  2. à partir du moment où il s’avère qu’une religion ne joue pas son rôle qui est de faire vivre les humains ensemble dans la tolérance ,la solidarité,l’émulation, la fraternité,la coopération,le codéveloppement,la liberté,la dignité,le souci du bien commun , le développement éternel ,sans violence,sans oppression,dans le respect des droits du prochain ,alors ce n’en est pas une.c’est à vous de faire le tri.

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