Augmentation des tranferts d’argent de l’Europe vers l’Afrique et le Proche-Orient
Le site d’information ANSAmed (en anglais) a annoncé le 28 avril dernier que les transferts financiers de l’UE vers les pays du sud de la Méditerranée ont augmenté. Je vous traduis ci-dessous les idées maîtresses de cet article.
Mais tout d’abord une question. Les belles âmes européennes nous répètent que l’immigration, c’est formidable : les immigrés peuvent envoyer des fonds dans leur pays d’origine, et cela aide au développement. Ce serait même paraît-il le plus sûr moyen d’être sûrs que notre « aide au développement » soit efficace, puisque les ‘payeurs’ - les immigrés - font en sorte que leur argent parvienne dans une famille pauvre (la leur) dans un pays sous-développé. Est-ce bien le cas ?
Dans cet article, on apprend que l’envoi par les immigrés d’une partie de leurs revenus perçus en Europe vers leur pays d’origine est une ressource dont ces pays sont de plus en plus dépendants : selon une enquête de la Banque Européenne d’Investissement (European Investment Bank, EIB) sur les transferts de fonds depuis l’Europe vers huit pays (Algérie, Egypte, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunise, Turquie), quelque 7,1 milliards d’EUR sont transférés « officiellement » tous les ans d’Europe vers ces 8 pays méditerranéens (de 12 à 14 milliards, si l’on tient compte des transferts « informels »). Ces transferts venus d’Europe dépassent ainsi de loin les flux totaux d’investissements directs étrangers nets (6,4 milliards d’USD/an, 2000-2003) et d’aide publique au développement (4,3 milliards d’USD/an, 2000-2003) reçus par ces mêmes pays.
Les transferts de fonds revêtent donc une importance économique considérable pour les pays partenaires méditerranéens (entre 2 et plus de 20 % du PIB selon le pays concerné).
Malheureusement, les fonds sont essentiellement destinés à la consommation. Ils servent à améliorer l’éducation, la santé et les conditions de logement, et seule une faible part s’oriente directement vers des investissements productifs. Cette tendance n’est pas appelée à évoluer rapidement à court et moyen terme. Autrement dit: ces fonds ne développent pas les pays d’origine des immigrés, ils leur permettent de survivre. Rien de plus. Et ce ne serait pas près de changer ! Quid de la sortie du sous-développement qu’on nous promet?
Selon ANSAmed, les pays qui ont reçu le plus d’argent de leurs émigrés sont: le Maroc (2,9 milliards d’euros en 2003) suivi par l’Algérie (1,35 milliards d’euros), la Turquie (1,3 milliards d’euros), la Tunisie (950 millions d’euros) et l’Egypte (544 millions d’euros). Eurostat, l’agence européenne de statistique, confirme que la plus grosse partie des versements effectués par les immigrés vivant en Europe vont en Afrique, et en particulier au Maroc.
Les pays de départ de ces transferts sont, selon Eurostat, la France (où 59,6 % des transferts vers l’étranger vont vers les pays situés au sud de la Méditerrannée), suivie par la Belgique (35,9 %), les Pays-Bas (31,2 %) et l’Italie (30,6 %).
L’EIB attire l’attention sur le fait que les sociétés de transfert d’argent constituent souvent le canal d’acheminement officiel dominant car elles sont accessibles, rapides et efficaces ; toutefois, elles sont extrêmement coûteuses pour les expéditeurs. Les frais de transaction peuvent en effet atteindre jusqu’à 16 % du montant transféré. L’EIB encourage à plus de concurrence entre les compagnies telles que Western Union ou Money Transfer, au bénéfice des clients. L’EIB appele aussi à une meilleure information des émigrés sur les autres outils bancaires de versement international, et sur les mécanismes financiers qui leur permettraient d’investir dans leur pays d’origine.
Il me semble avoir entendu ou vu que les immigrés de France envoyaient a eux seuls 9 milliards d’€….ce chiffre me parait plus réaliste que celui de nos voisins proposent. Vous ne ferez pas croire que les immigrés de l’ensemble de l’Europe ne tranfèrent que 7 milliards d’€ par an….