Saint François d’Assises, le convertisseur de musulmans
Le blog anglophone The Brussels Journal a présenté un résumé d’un article paru le 3 avril sur LifeSite News à propos de saint François d’Assises. Grande figure de l’Occident, saint François a aussi eu de nombreux contacts avec le monde musulman.
L’écrivain Frank M. Rega a fait paraître en décembre dernier un livre en anglais intitulé saint François d’Assises et la conversion des musulmans ; avec une biographie concise du saint.
Pendant la 5ème croisade (1217-1221) en Egypte, François entra dans un camp musulman pour prêcher le christianisme et convertir le sultan. Ce livre de F.M. Rega rapporte cette rencontre avec le sultan et d’autres événements importants de la vie de François.
Voici la traduction d’une partie de l’interview de F.M. Rega.
Question : Pourquoi saint François était-il partisan de la 5ème croisade ?
Frank Rega : Saint François avait compris que cette croisade faisait partie d’une guerre en cours, une guerre juste en réponse à l’invasion de terres chrétiennes par les musulmans, ce qui incluait aussi de nombreuses attaques de villes italiennes au cours des siècles. Rome, par exemple, fut attaquée en 846 et pillée par 11.000 musulmans, qui ont profané les tombes de saints Pierre et Paul.
De plus, cette croisade avait été ordonnée par le pape, et il est bien connu que François faisait preuve d’une loyauté sans failles vis à vis de l’Eglise Catholique, ses prêtres et sa hiérarchie. Enfin, il avait le sentiment que cette croisade était justifiée pour des raisons spirituelles. Comme je le mentionne dans le livre, François déclara au Sultan : « Il est juste que les chrétiens envahissent les terres où vous vous trouvez, car vous blasphémez le nom du Christ, et vous privez tous ceux que vous pouvez de son culte ».
Question : Qu’est-ce que saint François dit et fit quand il entra dans le camp musulman ?
Frank Rega : Il faut reconnaître le courage de saint François. Il prêcha à des musulmans en armes qui avaient gagné quelques jours auparavant une bataille à Damietta, tuant environ 5000 chrétiens. Le sultan, al-Malik al-Kamil, était aussi le général de cette armée, et le gouverneur de l’Egypte, de la Syrie et de la Palestine. Saint François obtint d’abord la permission du Légat du Pape de traverser la ligne de front durant une trêve. Quand lui et le Frère Illuminato atteignirent le territoire musulman, ils furent faits prisonniers, battus et enchaînés par les sentinelles.
Cela nous donne une image de saint François bien différente de celles de toutes ces statues représentant un moine docile entouré d’oiseaux et d’autres animaux. Battu et enchaîné, il était prêt à mourir en martyr. En le rencontrant, al-Malik lui demanda s’il était un messager des croisés. François répondit qu’il était bien un messager, mais un messager de Dieu. Puis il parla de son amour pour Jésus et déclara qu’il désirait sauver les âmes du sultan et de ses hommes.
Question : Quelle fut la réaction du sultan et de ses hommes ?
Frank Rega : Tout d’abord, le sultan fut interloqué par la franchise de François. Après tout, les musulmans venaient de battre les chrétiens de façon cuisante, et voilà qu’un d’entre eux osait affirmer qu’ils devaient se convertir au christianisme ! Et l’amour qui irradiait de François commença à toucher le sultan, et selon un autre auteur de l’époque, « cette bête cruelle devint la douceur même. » Néanmoins, les conseillers de al-Malik, des imams, n’étaient eux pas aussi impressionnés, et réclamèrent la décapitation de François et de Frère Illuminato, en conformité avec la loi islamique.
François et Frère Illuminato restèrent dans le camp musulman plusieurs jours et le quittèrent en excellents termes avec le sultan. Selon une histoire rapportés dans les écrits fanciscains, al-Malik se serait convertit au christianisme sur son lit de mort.
Question : Devons-nous mener une croisade contre l’islam aujourd’hui ? Si oui, comment ?
Frank Rega : Une croisade ‘traditionnelle’ ne peut pas être menée aujourd’hui car c’était un mouvement interne à la chrétienté qui avait pour but de défendre et de contre-attaquer les invasions musulmanes de terres chrétiennes. Ce mouvement était initié par l’Eglise et comptait sur le soutien des chefs et rois chrétiens. Sans le support d’une chrétienté forte, une croisade au sens strict serait impossible.
De plus, une guerre de religion avec le recours aux armes ne serait pas efficace, étant donné que nous faisons face à une « guerre froide », en quelque sorte. C’est une guerre de persuasion, de conversion, de dialogue diplomatique, étant donné que les musulmans ont déjà lancé leur « invasion » pacifique ce que qui fut jadis l’Europe chrétienne. Je ne parle bien sûr ici que des aspects religieux [de ce conflit], et non pas de la guerre au terrorisme, qui relève du domaine séculier.
L’entièreté de l’interview est en anglais sur le site LifeSite News.

Laisser une réponse