Délit de « culte non musulman » - Faut-il brûler Habiba K. ?
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Voici une tribune du quotidien algérien El Watan. Le ton mordant et virulent du journaliste est d’autant plus méritoire qu’il écrit dans un pays où les médias sont aux ordres, et les écrits peuvent mener en prison. On peut ne pas être d’accord sur tout (il fait abstraction du fait que l’islam est un système de société à part entière), mais il mérite qu’on lui tire notre chapeau. Nos journalistes qui ont troqué la liberté de la presse contre le prêt-à-penser politiquement correct seraient bien inspirés d’en prendre de la graine. |
Délit de « culte non musulman »
Faut-il brûler Habiba K. ?
de Arezki Aït Larbi
Les violations récurrentes des libertés viennent d’atteindre un seuil intolérable. La dernière en date est un procès en sorcellerie qui a eu pour théâtre le palais de justice de Tiaret. La victime, une femme de 37 ans, risque 3 ans de prison ferme pour délit de chrétienté.
C’est la peine requise, le 20 mai, par le procureur de la République (sic), qui l’accuse de « pratiquer un culte non musulman sans autorisation ».
Pour justifier la croisade contre un prétendu prosélytisme évangélique, les autorités invoquent la loi du 28 février 2006. Le procès de Habiba K. a pourtant révélé d’humiliantes persécutions pour délit de culte, sans autre base légale que l’arbitraire officiel béni par des effluves sacrées.
Aux jeux olympiques de la mauvaise foi, le ministre des Affaires religieuses serait médaille d’or. Prônant un discours d’ouverture vers l’étranger, il jure que « la liberté de culte est garantie par la Constitution », omettant toutefois d’ajouter : « A condition de ne pas l’exercer ! » Pour l’opinion nationale, il sort de la naphtaline la bonne vieille théorie du complot.
Plume au garde-à-vous, la presse nationale-islamiste signale, ici et là, des escadrons d’évangélistes américains crapahutant dans les villages de montagne pour convertir de jeunes égarés à coups de dollars et de visas, et préparer ainsi le terrain à l’intervention des GI’s ! Dans les faits, la réalité est plus triviale.
A Tiaret, on a arrêté une frêle jeune femme en possession de redoutables pièces à conviction : des bibles ! N’eut été la perversion qui a transformé des institutions républicaines en bras armé de l’inquisition, cette capture pittoresque des forces de l’ordre aurait prêté à sourire.
Devant le tribunal, le procès tourne à la farce, révélant une nouvelle fois les dessous d’une justice sous influence qui se couche au gré des fantasmes du sérail. Alors que le magistrat a pour rôle de dire le droit, voilà qu’il se métamorphose en directeur de conscience, lançant des fatwas d’indignité et prêchant des conversions à rebours.
Pour empêcher les journalistes de témoigner de cette ignominie, le juge décide, à la demande du procureur, de confisquer leurs carnets de notes ! Pitoyable réaction de notables de province qui réalisent brusquement que leurs dérapages de Pieds Nickelés risquent de plomber une carrière jusque-là prometteuse.
Dans ce climat de reddition idéologique qui a consacré le triomphe de l’obscurantisme au nom d’une réconciliation frelatée, même les « élites éclairées » ont fini par abdiquer leur devoir de vigilance pour se confondre en génuflexions devant les nouvelles règles du jeu. Là où il s’agit de réaffirmer avec force la liberté de conscience, des exégètes de bistrot invoquent la « tolérance de l’Islam envers les gens du livre » pour concéder aux pratiquants de « cultes non musulmans » quelques strapontins de sous-citoyens.
Briguant la palme du grotesque, ils présentent Habiba K., sans l’avoir jamais rencontrée, comme une menace… géostratégique (!), une Mata Hari du goupillon émargeant aux caisses noires de la CIA et du Mossad, dont la pratique spirituelle ne serait qu’une tenue de camouflage pour ébranler les peuples musulmans.
Vingt ans après la tragédie d’octobre 1988, le pays peine à exorciser ses vieux démons, et consacrer les libertés écrasées par le rouleau compresseur des arrangements claniques et des recompositions de sérail. Au nom de l’état d’urgence qui couvre bien des turpitudes, les institutions sont verrouillées, les manifestations interdites, les partis d’opposition laminés, les journalistes libres bâillonnés, les syndicalistes autonomes matraqués, la spiritualité soumise à licence.
Cette mise au pas de la société est grosse de risques. Elle a déjà enfanté l’émeute généralisée comme ultime moyen d’expression, la tragédie des « harraga » qui finissent en prison lorsqu’ils échappent à la mort, et plus grave encore, des affrontements communautaires.
Pour conjurer « l’ordre nouveau » des cagoulards, qui préparent dans l’ombre de terribles guerres ethniques, tribales et religieuses, il n’y a aucun miracle à attendre de l’Occident, ni des « segments modernistes » du sérail. L’heure est à la mobilisation, autonome et déterminée, pour imposer les libertés fondamentales aux tentations fascisantes, la pluralité de nos convictions à l’unicité de pensée, et le respect de nos différences à l’uniformisation sclérosante.
Avant d’affronter d’hypothétiques menaces étrangères, rappelons haut et fort que les chrétiens algériens sont d’abord des citoyens. Et dans une République, les citoyens sont tous soumis aux mêmes lois, qu’ils soient musulmans malékites, ibadites, chiites, agnostiques, catholiques, protestants, juifs, bouddhistes, ou athées…
Tout comme ils ont droit au même respect de leurs convictions et à la pratique libre de leur culte, tant qu’ils ne les imposent pas aux autres par la contrainte. La « christianophobie » qui a réduit les néo-convertis à vivre leur foi dans la clandestinité n’est, en fin de compte, qu’une diversion de faux dévots et de vraies canailles visant à occulter la jonction de l’autoritarisme officiel avec l’intégrisme sanguinaire recyclé. D’abord consommée dans les coulisses du sérail, cette sainte alliance s’affiche désormais au grand jour.
Devant le gotha national-islamiste réuni jeudi dernier à la place des Martyrs d’Alger, le Premier ministre en uniforme de grand calife a décrété que le Coran « représente la Constitution de la société algérienne ! » Un coup d’Etat sur tapis de prière qui n’a suscité aucune réaction d’indignation. Dans la sphère privée, toutes les croyances sont respectables.
Instrumentalisée à des fins politiques, toutes les religions sont potentiellement liberticides et peuvent engendrer de terribles drames et des fleuves de sang. Aux persécutions en cours, répondent, outre Méditerranée, les vociférations de l’extrême droite qui exigent, avec une certaine logique il faut le reconnaître, l’application du principe de réciprocité.
Les Algériens ont prohibé la bible ? Interdisons le Coran. Ils ferment des églises ? Détruisons les mosquées. Ils expulsent des prêtres ? Renvoyons Dalil Boubekeur, le recteur de la Mosquée de Paris, à son douar d’origine. En dépit des apparences, « croix et croissant gammés » se rejoignent en fin de compte dans un même combat : celui de l’intolérance, de l’exclusion et de la haine.
Un signe d’espoir, « l’appel à la tolérance et aux respects des libertés », publié en mars dernier par un groupe d’intellectuels algériens, a recueilli plus de 2500 signatures. Dépassant leurs divergences, ils ont dénoncé les violations des libertés démocratiques, réaffirmé le droit de chacun de pratiquer le culte de son choix, ou de ne pas pratiquer, proclamant ainsi cette farouche volonté de vivre ensemble, dans le respect de chacun.
Des dizaines de personnalités maghrébines, françaises et européennes ont soutenu cette initiative. En attendant d’autres formes de lutte plus déterminées, mais toujours pacifiques, les regards sont braqués sur le tribunal de Tiaret, où se joue le sort d’une femme, coupable d’avoir prié sans l’autorisation des gardiens du temple. Quel que soit le verdict qui sera prononcé, Habiba K. est déjà un symbole de courage et de liberté.
Source : El Watan

On est en plein procès d’inquisition. Cette condamnation est un signe fort en faveur de l’integrisme islamiste qui a fait au bas mot 250 000 morts, 1000 000 d’estropiés et 1000 000 d’exilés. Ces chiffres sont loins d’être la réalité. En réalité, il faudra les multiplier par trois.
On est au 21eme siecle et en plein inquisition. C’est triste quand je pense que hier la Nasa a posé un engin d’exploration avec succès sur Mars et qu’en Algérie on parle de foulard, de siwak, de croyance. L’age de la pierre cotoie l’âge de l’espace.
On prétend toujours dans ces pays que la terre tourne autour du soleil et que le Mehdi et ses armés vont bientôt arriver et que les arbres et les pierres vont parler.
Je salue la plume magnifique du journaliste qui a écrit ce texte
Tfou elikoum, quand je pense que j’ai perdu des années avec des gens dénué de tout esprit rationnel…J’ai honte, j’ai honte
La démocratie est comme une mobylette : donnez la à des arabes, ils la bidouillent et après elle fait plus de bruit, beaucoup de fumée et elle ne marche plus.
Bravo aux hommes et femmes courrageux (ses)!
Je pense qu’un message de soutient serait le bien venu. Si vous êtes intéressé ce journaliste, voici l’adresse par laquelle j’ai passé pour lui dire simplement bravo et merci: elwatan@elwatan.com
Quand nous trouvons un musulman juste, je pense qu’il faut savoir le reconnaître et le dire, tout comme nous dénonçons toutes les autres imbécillitées.
Bonne journée à toutes et à tous.
Jean-Claude
Ils sont tellement paranoïaques qu’ils vont finir pas tirer à la kalashnikov sur leur propre ombre…
Je voudrais saluer le courage et l’intelligence du journaliste algérien Arezki Aït Larbi qui ose écrire un hommage à la liberté de croyance - ou de non croyance- dans un pays oui il ne fait bon le clamer trop haut.
Je voudrais aussi saluer en A.A.L. un talent littéraire qui se fait rare sur la rive nord de la méditerranée .
Ce sont des algériens comme lui, avec lesquels nous serions heureux de vivre en France et en Europe et non avec les clones du sinistre Tariq Ramadan ou avec un lumpen proletariat violent raciste, antisémite et fascistoïde avec lesquels nous sommes obligés de cohabiter.
Enfin permettez moi d’ajouter qu’un tel aarticle ne pourrait voir le jour en France dans un journal de grand tirage. Les zintellos bo-bo gauchiste s’empresseraient de le faire interdire.
Et on ose encore nous dire que nous sommes en démocratie.
Je corrige, on prétend en arabie saoudite et en iran et meme en Algérie que c’est le soleil qui tourne autour de la terre comme on peut le lire sur le Coran et que la terre est plate et d’autres assertions aussi ridicules , les unes que les autres.
Hommage au journaliste qui a décrit l’inquisition en Algérie digne de l’Espagne du 11 ème siecle.
Une rélle plume confimée et un courage admirable.
Le 24 octobre 2004, les sites arabes libéraux http://www.elaph.com et http://www.metransparent.com ont publié un manifeste signé par des intellectuels arabes, dont Lafif Lakhdar, sous forme de pétition adressée à l’ONU, réclamant la création d’une Cour internationale pour poursuivre les théologiens du terrorisme.
La signification particulière de cette pétition est que ses auteurs ne se sont pas contentés d’évoquer le terrorisme et les terroristes en termes généraux, mais ont mentionné les noms de certains dignitaires religieux islamistes, accusés de promouvoir le terrorisme, comme devant être poursuivis dans le cadre de cette Cour. Parmi ces derniers figure l’éminent et très médiatisé Cheikh islamiste Youssouf al-Qaradhawi, dignitaire religieux des Frères musulmans.
Est ce que quelqun sait où en est cette affaire?
http://www.memri.org/bin/french/articles.cgi?Page=archives&Area=ia&ID=IA31407
Comme Aït Larbi, des voix formidables existent dans le monde arabe. Le problème c’est qu’ils n’ont ni un soutien populaire, ni des institutions de l’état.
Le progressiste marocain Abdelhamid Assassi
http://middleeasttransparent.com/article.php3?id_article=1788&lang=fr
extrait d’un article de Lafif Lakhdar très vrai
Commment se fait-il que nos pays soient parmi les plus riches en ressources naturelles (…) et les plus pauvres en ressources humaines ? Pourquoi les connaissances humaines doublent-elles tous les trois ans (…) alors que chez nous, ce qui se multiplie, c’est l’illettrisme, la peur idéologique et la paralysie mentale ? Pourquoi toute expression de tolérance, de modération, de rationalisme, de compromis et de négociation nous horrifie-t-elle, alors qu’[au son] des cris de vengeance fervents, nous exécutons tous la danse de la guerre ? Pourquoi a-t-on réussi, partout dans le monde, à faire le deuil du passé pour aller de l’avant, alors que nous avons érigé en institution le deuil lugubre de notre passé qui ne passe pas ? Pourquoi les autres aiment-ils la vie, alors que nous aimons la mort et la violence, le massacre et le suicide, qualifiés chez nous d’héroïsme et de martyre (…) ?
“
Il faut mettre ces gens devant un tribunal international, tout ces mollah et imams qui prononcent des fatwa contre les intellectuels et les gens honnetes. Si l’ONU arrive à les condamner, ça calmera pas mal de monde.
Salut ADAM tu nous dis
“Je voudrais saluer le courage et l’intelligence du journaliste algérien Arezki Aït Larbi ………
…………………………………………….
BRAVO!!
tu sais Arezki n’a plus beaucoup de cheveux sur le crane, mais sa généreuse moustache comble ce vide..lol..
et en plus cette calvitie permet a ses idées de sortir plus nombreuses encore et plus combatives
je le salue avec toi
Ar Tufat
des moustaches en guidon !
http://www.ziane-online.com/une/images/arezki_ait_larbi3.gif
super!
je le comprends trés bien
c’est la “coquetterie” de ceux qui n’ont plus beaucoup de cheveux sur le caillou
Quel courage, ce journaliste. Je serais fier qu’il soit Français !
Ce journaliste est un vrai intellectuel, de la génération de ceux qui ont été formé par les coopérants français du temps de la coopération qui s’est arrété fin des années 80 avec le commencement de l’integrisme et de l’aliéniation mentale collective.
@Yéhoudi
Es ce que tu connais la chanson ” sandouk ensara ma yetih mayeheres”(la casse des nsara(français ou chrétiens) ne tombe pas et ne se casse pas. lool puisque tu semble connaitre toutes les chanssons populaire du bled.hahahahaha
Manal Gasmi, un texte très exacte décrivant microscopiquement ce que l’on vit en Algérie. Tout le monde a peur de parler, de dénoncer, de donner son vrai sentiment. Moi je sais qui j’étais restée on m’aurait tué plusieur fois. Ce n’est plus possible de vivre avec des gens comme ça qui croient les yeux fermés à l’irrationnel de la religion. Mais bon en réalité, ceux qui ont les yeux ouvert, ce sont ceux qui n’ont pas été formaté par l’école algérienne telle qu’elle est aujoud’hui. Cette école est à refaire completement. Elle engendre des candidat au suicide et des gens qui pour qu’on les prenne pour des gens respectable, ils se disent musulmans et religieux. Ils doivent être ou ignares, ou lâches ou très mal informés sur la civilisation. Pour eux la France c’est Barbes et place Pigale. La Hollande c’est les femmes en vitrine. Mais la Hollande ce n’est pas Shelle avec ses labo de rechrche, les place financières où les grand mathématiciens du monde construisent les meilleurs réseaux de calculs ou les grandes écoles étatiques qui produisent les savants de notre civilisation, ou les grand Humanistes. Comme disait un poète arabe, ces gens quand tu les invites à visiter un somptueux palais, ils vont directement chercher ou se trouvent la poubelle. Ils ne regardent ni les lambris, ni les lustres ni rien de ce qui fait le palais mais seuelement la poubelle. La France pour eux c’est place pigalle et non pas les labo de recherche, les institut ou l’on découvre chaque années des médicaments etc. Il va falloir avoir du courage mes amis pour faire un long travail pédagogique afin de remettre sur pied une éducation déformé par l’école des ânes.
Bonjour a tous.
Nous vous signalons qu’une pétition a été mis en ligne par nos soins a propos de cette scandaleuse affaire, votre soutien serait vraiment le bienvenu.
Merci
http://www.ipetitions.com/petition/LiberezHabiba/
@Jamila
Détrempe toi djamila, tout le monde n’a pas peur en Algérie. Vous faites du mal au pays tel que Les islamistes le font. Cessez de commenter à distance et de donner des fausses informations.
30 mai 2008 at 19:50
[…] Bivouac vous a informé récemment de la persécution des chrétiens en Algérie et du « délit de chrétienté ». […]