Roue musulmane de la violence familiale
La Roue musulmane de la violence familiale a été élaborée par Dr Sharifa Alkhateeb et montre comment la religion peut être tordue pour justifier la violence faite aux femmes et envers les enfants dans un contexte familial. La Roue musulmane de la violence familiale a été adaptée à partir de la Roue du pouvoir et du contrôle élaborée par le “Domestic Abuse Intervention Project, Duluth, Minnesota”.

Recours à l’isolement
* à titre de «qawwamun» (directeur) de sa femme, le mari dit que Dieu lui donne le droit de surveiller chaque geste de sa femme, qui elle voit, à qui elle parle, ce qu’elle pense et ce qu’elle lit.
* la femme doit demander la permission pour téléphoner, aller faire l’épicerie ou visiter ses parents.
* même si, d’après le contrat de mariage, la femme a une liberté de circulation, son mari n’en tient pas compte.
Nier, blâmer, minimiser
* encourager les enfants à mentir sur la violence ou à banaliser la chose.
* nier la violence en appelant cela de la «discipline».
* lui dire que la violence est sa faute.
* dire à sa femme que si elle dénonce la violence, cela veut dire qu’elle enfreint à sa responsabilité islamique quant au respect de la vie privée de son mari et que Dieu va la condamner.
Utiliser les enfants
* les enfants sont battus pour les empêcher de devenir trop «américains».
* le père menace d’obtenir la garde des enfants auprès de la cour islamique, de les envoyer à l’étranger, de les marier jeunes ou de les enlever.
* utilisation des symptômes traumatiques des enfants comme excuse pour battre sa femme.
* le père encourage les enfants à insulter leur mère et à manquer de respect envers elle.
* le mari déclare qu’il doit maltraiter la mère pour mettre fin à la violence envers les enfants.
Invocation du privilège masculin
* la dominance et l’inflexibilité du mari sont prônées par le Coran et exigent l’obéissance en tout.
* les opinions, les aspirations et les plans de la femme sont considérés comme étant «occidentaux», c’est-à-dire non-islamiques.
* d’après le père, la violence verbale et physique envers les enfants est son «droit» en tant que père musulman.
* la femme est encouragée à avoir peur de son mari.
* répétition de Hadith [textes religieux] contestés dans lesquels on dit que les femmes doivent incliner la tête devant leur mari.
Recours à l’abus économique
* empêcher sa femme de faire ses études ou d’obtenir une formation.
* l’empêcher d’avoir un emploi.
* exiger qu’elle quitte son emploi.
* prendre tout son chèque de paie alors que l’Islam lui permet de tout garder .
* ne pas lui dire quel est leur revenu familial .
Recours à la coercition et des menaces
* la menacer de marier une autre femme .
* la menacer de la battre en suivant les «directives de Dieu» (Coran 4:34) .
* la menacer de ne pas lui donner d’argent.
* la menacer de répandre comme rumeur qu’elle est une femme adultère .
* la forcer à retirer des accusations afin de préserver la réputation de la famille élargie .
Recours à l’intimidation
* salir la cuisine de façon flagrante plusieurs fois par jour .
* demander au Imam local [membre du clergé] de dire à sa femme que la violence est sa faute.
* déguiser les traditions en actes religieux .
* cacher ou détruire des documents importants .
* prendre tous ses bijoux et les vendre .
* présenter des excuses à d’autres pour sa désobéissance .
* collectionner et montrer des armes .
* harcèlement criminel .
Recours à la violence psychologique
* rabaisser sa femme ou lui dire qu’elle n’est pas à la hauteur en tant que mère musulmane.
* ridiculiser son manque de connaissances islamiques.
* la dénigrer ou la traiter de folle.
* lui faire croire qu’elle est incapable de contrôler sa vie.
* dire à la femme victime de violence qu’elle doit être silencieuse, docile et obéissante pour respecter l’honneur familial.
* mentir à sa famille élargie dans des lettres.
* lui dire qu’elle fait l’amour moins bien que les Américaines.
DR. SHARIFA ALKHATEEB est née à Philadelphie en 1946 d’un père yéménite et d’une mère grecque, elle a grandi dans un quartier juif-chrétien où elle se trouvait être la seule musulmane, elle est mère de trois enfants. Elle est décédée d’un cancer du pancréas en octobre 2004.
Sharifa Alkhateeb a passé sa vie à aider les plus défavorisés de sa communauté.
A l’âge de 16 elle intègre l’Université de Pennsylvanie, où elle rejoint l’Association des étudiants musulmans et commençe à porter le foulard.
Elle a grandi dans le mouvement féministe des années 1960, d’où elle a pris le “meilleur” de l’islam et du modèle américain. Très vite, elle devient une personnalité que les femmes musulmanes écoutent.
Elle a vécu avec son époux Mejdi Alkhateeb en Arabie Saoudite de 1978 à 1987 où elle a enseigné et travaillé en tant que journaliste pour la version anglaise de la gazette Saudi.
En 1988 elle déménage dans le nord de la Virginie ou elle crée et dirige le projet “familles pacifiques”, une enquête nationale de la violence familiale au sein de la communauté musulmane, financée par le département américain de la Justice.
Si elle a lutté pour les droits de la femmes en islam elle a également lutté pour que la communauté obtienne un rôle plus large dans le débat politique.
Sharifa Alkhateeb a été largement reconnue comme l’un des principaux porte-parole des femmes musulmanes aux États-Unis.
Sa contribution, en tant que militante, à la communauté musulmane américaine fut phénoménale.
(crédit photo) Dr. Sharifa Alkhateeb (1946-2004) By Delinda C. Hanley
Premier billet d’Aquitania; Bravo fifille! :)
Mais pourquoi porte-t-elle un foulard alors qu’à l’origine seules les femmes de Mahomet sont tenues de le porter ?
C’est une féministe soumise à son mari ?
C’est quoi ce délire ?
@ Melba, merci de m’avoir helpé :)
@tartempion
malgré ses contradictions, et bien qu’elle se défende d’avoir pris de l’islam le “meilleur” (je ne sais pas si le foulard en fait partie..) son travail reste pertinent, et c’est la raison pour laquelle j’ai posté cet article.