Musulmans en Allemagne (4) : les associations et organisations islamiques
Aujourd’hui, Bivouac vous explique la recette pour radicaliser un musulman. Rien que ça ! Ne nous remerciez pas : c’est le Ministère allemand de l’Intérieur qui a fait tout le travail… !
Il faut dire qu’avec ce qu’ils ont appris en laissant traîner leurs oreilles dans les mosquées de Hambourg, il y avait de quoi écrire un beau rapport… Le voici, le voilà… :
En français exclusivement sur Bivouac-id !
Voyez le sommaire de l’enquête en cinq parties ici.
Quatrième partie :
Les personnes actives dans les associations et organisations islamiques
Des fonctionnaires et militants d’associations islamiques, de mosquées et d’organisations, ainsi que certains membres, utilisateurs, et personnes étroitement liées à ces groupes, ont été interrogés. Au total, 60 hommes musulmans (des universitaires ainsi que la non-universitaires) âgés de 25 à 55 ans et vivant dans la région de Hambourg ont été interrogés via des entretiens individuels. Pour mener à bien ces entretiens, un effort considérable a été nécessaire afin de dissiper les craintes au sujet d’une possible “mise sous écoute” ou “infiltration” des associations, ainsi que sur la collecte de données personnelles pour l’utilisation par les organismes de sécurité.
Comme pour les autres parties de l’enquête, ici aussi, l’origine des personnes interrogées est principalement turque; plus de la moitié de ceux-ci ont la nationalité allemande. Les participants sont sans exception très religieux, une partie d’entre eux ont exprimé une attitude fort critique par rapport aux sociétés occidentales, qu’ils jugent moralement dépravées et hypocrites. Les thèmes de la marginalisation globale et de l’oppression des musulmans a pris une place extrêmement importante dans ces entretiens.
Exclusion
Une estime pour la liberté et les droits fondamentaux, tels que la liberté de religion et de l’état de droit en Allemagne, a été souvent soulignée par les musulmans interrogés. En même temps, toutes les personnes interrogées ont fait remarquer qu’en tant que musulmans, ils se sentaient exclus et victimes de discrimination en Allemagne, et qu’ils ressentaient une forte solidarité avec la situation des musulmans dans le monde, qu’ils caractérisent avec force comme des victimes.
Les personnes interrogées se sont plaintes que l’islam en Allemagne est l’objet d’une discrimination par rapport au christianisme, et qu’il n’est pas traité comme une religion de statut égal, de sorte que les musulmans sont limités dans l’exercice de leur religion sur le lieu de travail ; cet état de choses a toujours été signalé comme s’appliquant à d’autres personnes, mais aucune obstacle, par exemple, à l’exercice de la prière, n’a été cité comme ayant été subi personnellement. Comme preuve que l’islam est l’objet d’une discrimination, des limitations dans la construction de mosquées ont été citées. Un parrainage et un soutien par l’état de la construction de mosquées seraient en revanche ressentis comme un symbole de la reconnaissance de l’égalité des musulmans dans la société.
Les enquêteurs ont été frappés par les déclarations souvent exagérées concernant le climat de préjugés, d’hostilité, de rejet et de discriminations à l’encontre les musulmans vivant en Allemagne: “Les descriptions se retrouvent dans une large mesure entrecoupées par l’expression que les musulmans sont des ‘victimes’, avec toute une série de nuances… Pour convaincre [l’interlocuteur], ce discours est appuyé dans une certaine mesure par des références à des détails qui, cependant, se rapportent dans de très rares cas directement à une expérience personnelle. Le plus souvent, il s’agit de la description de la situation d’autres musulmans, rapportés par une connaissance” ou de descriptions qui montrent une forte distorsion de la vérité: « Je suis traité et considéré ici comme si j’étais un terroriste (comme si j’étais une menace permanente), seulement parce que je viens à la prière”.
Ce n’est qu’à cause de ce soi-disant ‘traitement de terroristes’ que les musulmans reçoivent en Allemagne (y compris les personnes interrogées), que naît l’agressivité chez les musulmans:
“Il y a un tel effort à la discrimination [contre les femmes musulmanes], que presque rien du tout ne peut être fait avec un foulard… donc, on devient agressif ” Dans ce cas, la société allemande, en raison de son exclusion des musulmans, est considérée comme la cause de la violence.
Intégration
En guise de réaction, les personnes les plus âgées semblent plutôt se retirer de la société allemande, tandis que les plus jeunes, qui se veulent des musulmans sûrs d’eux-même en Allemagne, exigent une reconnaissance, et ont la prémonition de former une sorte d’avant-garde politique ou même économique. Un grand nombre soulignent fortement, en particulier les jeunes interlocuteurs, que la communauté musulmane s’attend à être reconnue par la société d’accueil telle qu’elle est. L’intégration est considérée comme un processus à deux directions [c.à.d. impliquant aussi les Allemands de souche] et aussi comme une dette à payer par la communauté majoritaire: 91,6 % des personnes interrogées prônent la gratuité des cours d’allemand pour les immigrés. Jusqu’à présent, le sentiment de ne pas vraiment appartenir [à la société allemande] a été dominant, même si la nationalité allemande a été acquise. La froideur, la distance et l’isolement sont fréquemment mentionnés comme des caractéristiques de la société allemande. Selon les personnes interrogées, cette société en fin de compte ne reconnaîtra pas les immigrés comme concitoyens - quels que soient les efforts que les immigrés soient disposés à faire - et exigera l’assimilation. D’autre part, les lieux personnels où trouver ‘refuge’, les associations liées à la mosquée et les organisations culturelles sont citées de façon critique par une partie des personnes interrogées comme un obstacle à l’intégration.
Extrémisme et libertés individuelles
Un fait frappant dans les entretiens a été une plainte souvent exprimée de l’exigence répétée [par la société allemande] de la séparation et la dissociation [des musulmans de ces associations] envers les ‘prédicateurs de haine’ et les extrémistes. Les associations musulmanes et des mosquées ont “développé une sensation forte… de se retrouver de plus en plus en objet d’observations, et d’être toujours exposé au danger d’être suspecté d’islamisme et de lutte contre les structures démocratiques”. Dans les interviews, l’avis a également été exprimé que, à cause de son rejet des musulmans, la société allemande entrave leur intégration, leur accueil dans la société, et l’acceptation complète de leur culture.
Au cours de l’enquête, une relation ambivalente aux libertés individuelles existant en Allemagne a souvent été mise à jour: d’une part, un recours à des libertés dans le but de faire valoir son propre point de vue (par exemple, l’affirmation qu’un enseignement religieux dans sa propre religion est le seul enseignement correct), d’autre part, et en même temps, un rejet du recours à ces libertés lorsque elles ne servent pas son propre point de vue (par exemple, l’instruction religieuse musulmane dans d’autres branches de la foi musulmane que la sienne) ou dans le cas de mariage avec des non-musulmans: à peine accepté pour les fils, rejeté catégoriquement pour les filles.
Ici, l’attente de l’introduction par l’état allemand de droits spéciaux pour les musulmans est également formulée, comme, par exemple, la promotion par l’état et le respect des jours fériés islamiques ou l’application de la loi islamique à la communauté de foi islamique par la création d’une société juridique parallèle. Ici, la règle du droit [allemand] comme principe de souveraineté juridique s’appliquant également à la communauté musulmane est clairement rejetée. A propos de l’un des interlocuteurs, l’enquête conclut que “un accomodement de sa conduite, ou de la conduite des autres musulmans, aux règles de la société d’accueil allemande est, à ses yeux, une contrainte inacceptable”.
L’existence de prédicateurs haineux et de mosquées où est prêché l’extrémisme est reconnu, mais est jugée de la façon la plus critique possible. Ils sont considérés comme un problème et comme causant du mal aux musulmans dans leur ensemble. La réaction de la société allemande à la menace extrémiste, toutefois, est jugée comme discriminatoire, exagérée, et, en dernière lieu comme aggravant la menace par exemple, par le biais de contrôles d’identité dans les mosquées ou à leur entrée. Les musulmans, croit-on, sont “pris à tort par les politiques à l’échelle internationale comme une source de menace” ; suite à cela, un tiers des personnes interrogées estime la préoccupation [des Allemands] pour l’extrémisme comme déplacée, un tiers, comme justifiée, mais très exagérées dans la perception individuelle, et un tiers comme justifiée.
La violence motivée par la religion et la politique n’est presque jamais ouvertement encouragée ou approuvée. D’autre part, une radicalisation apparaît facilement concevable dans cette communauté à cause de: la prise de distance considérable par rapport à la démocratie [plus grande que par rapport à la violence motivée par la religion et la politique], de nettes tendances à l’isolement, la déclaration souvent affirmée de la supériorité de la charia sur les lois humaines, la dissociation en partie reconnue de [sa personne par rapport à ] la règle du droit [allemand], et l’exigence de la limitation des libertés individuelles des autres (comme de ses propres filles ou de son épouse).
Enfin, avec l’aide de quatre rapports biographiques individuels, il apparaît clairement comment ce processus de radicalisation peuvent se passer en Allemagne :
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Une cause peut être une sorte de “réveil ” : la formation religieuse ancienne est ravivée dans une période caractérisée par un manque d’orientations, une profonde incertitude un islam mis en œuvre de façon complète, globale et rigide.
Un autre moyen est l’entrée progressive dans une tradition de “vrai islam” ou d’une pratique religieuse plus stricte que celle observée d’habitude dans la génération des parents. Cela se produit souvent dans une mosquée ou un lieu d’apprentissage, où la ségrégation et la supériorité de la charia sur les valeurs occidentales sont prêchées. -
Après cette transformation d’une personne qui était précédemment moyennement religieuse, on atteint rapidement un degré significativement accru de rigidité religieuse, le mépris des autres musulmans qui ne vivent pas constament selon les règles de l’islam,
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puis ensuite la dissociation complète de la société occidentale et l’acceptation de la violence dans la défense de la religion ou l’honneur, dans la limitation des libertés individuelles (par exemple, pour les femmes dans sa propre famille) et dans la lutte contre la non-croyance.
Si l’intolérance religieuse et une observance stricte des règles se combine avec une distance à la démocratie et l’assujettissement à l’autorité de chefs religieux qui exigent une mise en œuvre rigide et politique de l’islam, alors les processus de radicalisation peuvent mener à l’islamisme et à la volonté de recourir à la violence.

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