Comment les musulmans furent boutés hors de France

Vous avez entendu parler de Charles Martel et de la bataille de Poitiers ? Mais a-t-il suffi à l’époque d’une seule bataille pour bouter les musulmans hors de France ?
Dans son livre « Histoire des Barbaresques », Laurent Lagartempe rappele les étapes de cette reconquête, et ses principaux protagonistes (page 118):
• Charles Martel, vainqueur à Poitiers (Moussais-la-Bataille) en 732 ; à Martel en 735 ; libérateur des villes de Provence en 737 ; libérateur des villes du Languedoc et assiégeant de Narbonne en 738 ; libérateur à nouveau des villes de Provence en 739, avec cette fois l’aide des Lombards ; mort en 741.
• Pépin le Bref, libérateur de Caracassonne et de Narbonne en 759, première étape de la ‘Reconquista’.
• Charlemagne, libérateur de Pampelune et sasiégeant de Saragosse en 778 ; libérateur de la Catalogne en 801 ; vainqueur des Sarrasins à Taillebourg (entre Saintes et Saint-Jean-d’Angély) en 808 et en Corse la même année.
• Lothaire défait les Sarrasins en Corse en 828.
• Hugues, comte de Provence, défait les Sarrasins et prend La Garde-Fernet en 925.
• Guilaume II, compte de Provence, prend à nouveau La Garde-Freinet en 983, mène une guerre d’extermination des Sarrasins de 983 à 990 et finit par purger définitivement la Provence.
Laurent Lagartempe commente (p. 118-9) :
On s’étonne de constater qu’il a fallu tant de temps, malgré toutes ces opérations réussies, pour libérer deux provinces des ravageurs musulmans, Or c’est là précisément où s’exprime le caractère très particulier de leurs invasions, ce qui fait la singularité de leurs démarches d’envahisseurs par rapport à celles de tous les autres. Il avait suffi de la défaite d’Attila aux champs Catalauniques en 451 pour que les Huns quittent la Gaule. Il avait suffi de la seule victoire de Vouillé contre les Wisigoths en 507 pour que le sort de l’Aquitaine soit réglé au profit de Clovis. D’une façon générale, les envahisseurs de l’empire romain, y compris les plus barbares tels que les Vandales ou les Huns, en venaient tous, après une phase de sauvagerie anarchique, à se comporter de façon plus responsable, à acquérir une maturité politique rendant possibles des accords entre adversaires ou partenaires susceptibles d’être respectés. Dans le cas des Maures et des Sarrassins, les péripéties tragiques de cinq siècles ne laissent discerner aucune évolution de ce genre, pas plus en Gaule qu’en Espagne ou en Italie. Les Germains, pour la plupart prédateurs primaires, avaient pour leur part une admiration innée pour la civilisation gréco-romaine qui tempérait leurs instincts destructeurs, et une initiation à l’arianisme (*) qui les prédisposait au catholicisme. Ils s‘assimilèrent progressivement sans renier leur identité, contribuant à l’édification d’un catholicisme européen autre que purement romain, nuancé de germanité, comme en témoigne l’appellation « gothique » de l’art monumental postérieur à celui dit « Roman ». Dans le cas des Maures et des Sarrrasins, on ne discerne aucune tendance à l’assimilation, mais au contraire un rejet violent de tout ce qui n’est pas musulman, rejet directement inspiré du Coran, et constamment manifesté par la suite jusqu’à l’époque actuelle (…).
(*) l’arianisme : hérésie des ariens, qui niait la consubstantialité du Fils avec le Père et fut condamnée au concile de Nicée (325).
Source : Laurent Lagartempe, Histoire des Barbaresques, Editions de Paris, 2005, ISBN-10: 285162153X
Super Géniale !!!!…voilà l’exemple as suivre !!!
Charles Martel, Pépain de Bref, Charlemagne PUTAIN QUE C’EST BEAU COMME NOM !!!!!!!!!!
ça fait rêver !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! J’espère qu’il y en aura d’autres comme ça
DanSK
Gustave le bon, dans son livre la civilisation des Arabes, a minimisé le rôle de Charles Martel.
Oui, hé bien le “climat froid et pluvieux” semble quand même bien avoir un attait sur les muz.
A moins que ce ne soient la fraiche et les liquidités généreusement attribuées…