Deux timides églises d’Istanbul, à l’ombre du drapeau républicain et des minarets

Nous ouvrons aujourd’hui nos colonnes à Imdat Sessiz. Ce lecteur de Bivouac-ID nous a fait parvenir un intéressant petit reportage sur la situation des églises en Turquie que nous vous invitons à découvrir ci-dessus.

Ce billet est également un appel aux lecteurs de Bivouac-ID . Vous avez un appareil photo, vous avez une plume, vous souhaitez témoigner de ce que vous voyez, que ce soit dans votre cadre de vie en voie d’islamisation, ou au cours d’un périple dans le monde islamique ? Contactez-nous en cliquant sur le lien contact du haut de cette page, et si votre sujet nous intéresse, Bivouac-ID vous ouvrira aussi ses colonnes.

église turquie

Istanbul - Dans le vieux quartier de Yedikule, au sud de la ville, quelques églises subsistent, camouflées par un urbanisme sympathique et incohérent. Elles sont parfaitement isolées, et ordinairement fermées. Les murs les entourant sont épais et hauts, surmontés s’il le faut de barbelés. Les portes de métal sont lourdes et aveugles. S’il y a des clochers – qui ne sonnent plus pour personne – , ceux-ci sont modestes dans leurs proportions, bien inférieurs en taille aux minarets des petites et innombrables mosquées du voisinage.

clocher église turquieEt ils sont dominés immanquablement par de beaux drapeaux turcs, fiers et triomphants, au croissant qui se détache si bien de son fond vermillon, un emblème religieux d’une république dont on dit pourtant qu’elle est laïque. Il s’agit d’une protection symbolique, contre les agressions possibles, quoique le quartier soit d’une apparence placide en ce début du XXIème siècle. C’est qu’il n’y a plus de ces émeutes anti-chrétiennes qui ont détruit les communautés minoritaires au siècle précédent, au moment de la décadence ottomane et (c’est bien moins connu), jusque dans les années 60-70. Le drapeau est aussi la marque d’une domination permanente. Aucune des dizaines de milliers de mosquées du pays n’est accompagnée du ‘bayrak’, du symbole national.

Sur le mur d’une des églises, une main anonyme a voulu exprimer un message, qui dans une traduction précise signifie : « Si cela existe chez nous, que cela reste chez vous», oubliant sans doute qu’Istanbul, géographiquement, se trouve en Europe. Qu’un intolérant s’exprime ici devant les yeux de tous n’a provoqué aucun scandale, aucune expression outrée, aucune réunion d’un quelconque conseil du culte chrétien, pas de message de solidarité de la part d’un ministre. Non, le patriarcat marche sur des œufs depuis des siècles, et ne risquerait pas de faire des remous pour une telle affaire.

Remarquez qu’une autre main, timide celle-là, a voulu rayer le tag christianophobe, sans parvenir à le rendre illisible. Personne n’a encore pris l’initiative et le risque d’effacer le message d’un coup de peinture, alors que les drogueries abondent dans le voisinage. Ç’aurait été sans doute un acte d’islamophobie caractérisée ! Gageons que l’année prochaine, le texte y sera toujours visible. A l’écart des cars de touristes, sans traduction, cela ne pose de problème à personne.

Cependant, le premier ministre turc arbore à la télévision sa moustache des mauvais jours, prend une mine de janissaire mussolinien et fulmine contre l’intolérance suisse. Qui a remarqué d’ailleurs que les deux pays ont pour point commun un drapeau identique, rouge uni, marqué de formes blanches au centre ? Un croissant et une étoile d’un côté, et une croix de l’autre, un détail, vous dira t-on.

Imdat Sessiz.

9 réponses à “Deux timides églises d’Istanbul, à l’ombre du drapeau républicain et des minarets”

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  1. Et quand je penses qu’à Bordeaux ils veulent leurs mosquée que tout le quartier réprouve et cela à juste titre, d’ailleurs je ne manquerais m’apporter aux riverains ce que je viens de lire ou le sondage effectués chez eux sur leurs intolérance envers les chrétiens que tout le monde le sache nous ne voulons pas d’eux dans l’Europe c’est faire entrer le loup dans la bergerie.

  2. Turquie ou pas…

    Noublions pas ,la même idéologie ne peut produire que ce dont pour laquelle elle est crée.c’est sa raison d’être..

    voilà la tolérance mumuz elle doit être hégémonique sans partage.
    Elle se manifeste partout,il faut croire que c’est maladif et génétique c’est leur obsession.Conquérir conquérir et dominé par la religion .
    Heureusement qu’ils incapables scientifiquement sinon il a longtemps que serions tous en djellaba et longue barbe..

    La Turquie soi disant L’aïl c le hic!..

  3. le nationalisme aigu des Turcs devrait servir d’ exemple aux Européens

    quid de la Chrétienneté en Turquie dans 15 ans ??…..

    combien reste - t il de chrétiens en Turquie, toutes communautés confondues ?? (Grecs, Arméniens, Assyriens et autres ) par rapport a il y a 30 ans ??

  4. A la vue des barbelés, cela prouve bien, comme certains l’affirment que les autres religions et particulièrement le christianisme soit toléré et respecté en terre d’islam !!!! Nous avons l’obligation de respecter l’islam fraîchement débarqué mais très envahissante en terre chrétienne…

  5. A bordeaux ,qui a donné le terrain et est tout à fait d’accord ?
    QUI ?

  6. Je n’avais pas fini c’est ma réponse à ichtis 13H30 ;
    le terrain pour la mosquée ,les gens ont rouspété ; le bloc identitaire a manifesté … Qui joue son petit chef ?
    En plus maintenant , il refait parler de lui sur le plan national .

  7. La Turquie est le fer de lance de l’Islam en Europe. Nos zélitres le savent bien, qui veulent islamiser notre continent. Donc acte…

  8. islam: dehors !

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