HRW : Le test d’intégration néerlandais est discriminatoire

On se félicitait dans un précédent billet d’une prise de position de l’organisation pour les droits de l’homme Human Rights Watch (HWR). Voici de quoi doucher singulièrement notre naïf enthousiasme. 

16-05-2008
De Sebastiaan Gottlieb et Laurens Nijzink

hwrLes Pays-Bas doivent supprimer le test d’intégration qu’ils font passer à l’étranger à ceux qui désirent s’installer sur leur territoire. Ce test est discriminatoire et contre-productif. C’est ce qu’estime l’organisation pour les droits de l’homme Human Rights Watch (HWR), qui a présenté jeudi les résultats d’une vaste enquête sur ce test d’intégration.

Les étrangers qui dans le cadre du regroupement familial veulent s’installer aux Pays-Bas doivent tout d’abord passer dans leur pays d’origine un test d’intégration. Ils sont notamment testés sur leurs connaissances de la langue et la culture néerlandaises. Le test a lieu par téléphone à une ambassade ou un consulat des Pays-Bas. Les candidats doivent répondre à des questions posées par un ordinateur.

Discriminatoire

Sont exemptés de ce test les ressortissants des pays de l’Union européenne, de Norvège, d’Islande, de Suisse, d’Australie, du Japon, du Canada, de Nouvelle-Zélande, de la Corée du Sud et des Etats-Unis. Les Surinamiens sont également exemptés s’ils peuvent prouver qu’ils ont suivi un enseignement primaire en néerlandais. Selon Human Rights Watch, ces exemptions sont discriminatoires.

La loi sur le test d’intégration a été introduite aux Pays-Bas en mars 2006 à la demande de la ministre de l’Immigration et de l’Intégration d’alors, Rita Verdonk. Cette loi était censée améliorer l’intégration des nouveaux arrivants aux Pays-Bas. Mais selon Human Rights Watch, elle frappe d’une façon disproportionnée les communautés turque et marocaine, qui forment le plus grand groupe d’immigrés à faire appel au regroupement familial.

Exemptions

Selon le gouvernement néerlandais, les ressortissants des pays exemptés présentent un profil social et économique similaire à celui des Néerlandais. Et leur présence aux Pays-Bas n’entraînerait pas non plus d’”immigration indésirable et illimitée qui pourrait susciter des problèmes d’intégration dans la société néerlandaise”.

Pour Human Rights Watch, ces arguments montrent avec évidence que cette mesure a été introduite non pas pour stimuler l’intégration mais pour limiter l’immigration. L’organisation pour la défense des droits de l’homme estime aussi que La Haye n’a pas clairement démontré pourquoi les ressortissants des pays en développement ne pourraient pas ou ne voudraient pas s’intégrer aussi bien que ceux d’autres pays(1). C’est pourquoi HRW plaide en faveur de la suppression totale du test d’intégration à l’étranger. Selon son porte-parole Haleh Charokh, il est impossible de créer dans tous les pays des conditions identiques pour faire passer ce test.

L’actuelle ministre néerlandaise de l’Intégration, Ella Vogelaar, soutient la politique de sa prédécesseure : “Il y a eu un débat lorsque la loi a été introduite et le Conseil d’Etat a établi qu’il n’y avait pas de discrimination.

Le candidat à l’immigration aux Pays-Bas doit surmonter un certain nombre d’obstacles avant de pouvoir passer, dans son propre pays, le test d’intégration. 

  • Les frais d’examen sont élevés, compte tenu surtout du niveau de vie dans certains pays. Ces frais s’élèvent à 350 euros par test. De plus, la préparation de ce test entraîne des frais. Le gouvernement néerlandais offre du matériel pédagogique à 64 euros le dossier et organise dans certains pays des cours sur place, également payants.
  • Plusieurs pays connaissent de longues listes d’attente, allant jusqu’à six mois, avant de pouvoir passer le test.

Ces obstacles ont entraîné une baisse de 20 pour cent du regroupement familial durant l’année consécutive à loi. Les demandes en provenance du Maroc et de la Turquie ont même baissé davantage, respectivement de 44 et 39 pour cent.

Néanmoins, 90 pour cent des candidats réussissent au test d’intégration. Le gouvernement néerlandais a donc décidé de rehausser les critères de réussite, en particulier ceux des connaissances de la langue néerlandaise.

Source : Radio Nederland

(1) : A la lecture de cette assertion de HWR, il est permis de se demander sur quelle planète les gens de cette organisation habitent. Se demander en quoi les ressortissants de pays, en l’espèce, musulmans ne pourraient pas ou ne voudraient pas s’intégrer aussi bien que ceux d’autres pays, c’est une manifestation typique de dissonance cognitive.

4 réponses à “HRW : Le test d’intégration néerlandais est discriminatoire”

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  1. Ces gens-là, HRW, sont incapables de faire un pas en avant sans immédiatement en faire deux en arrière; preuve s’il en est que la direction n’est pas monolithique et qu’elle est tiraillée entre des thèses opposées ce qui est somme toute encourageant.

  2. Renoncer à la violence n’est jamais discriminatoire

  3. Bravo les Pays-Bas, il ne faut pas céder à ces abrutis de dhimmis!!

  4. Mais selon Human Rights Watch, elle frappe d’une façon disproportionnée les communautés turque et marocaine, qui forment le plus grand groupe d’immigrés à faire appel au regroupement familial.

    Ils sont pas un peu cons chez HRW ? C’est bien pour faire face à l’invasion turque et marocaine que cette loi a été faite. Ils croyaient quoi ? Que c’était contre l’invasion des inuits ?

    Y en a j’vous jure, on s’demande de quelle planète ils débarquent.

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