Interview avec Ayaan Hirsi Ali
Ayaan Hirsi Ali, ancien membre du parlement néerlandais, vit aujourd’hui à Washington, où elle est « fellow » de l’American Enterprise Institute. Elle travaille à une suite du premier volume de ses mémoires, le best-seller « Ma vie rebelle ».
En 2008, elle a reçu le “Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes” en reconnaissance de sa contribution exceptionnelle à la cause de la liberté des femmes dans le monde. L’interview qui suit a été menée par Jean Westmoore pour le quotidien américain Buffalo News.
« Ma vie rebelle » raconte l’odyssée du passage de la foi à l’incroyance
Dans ses mémoires de 2007, Ayaan Hirsi Ali raconte l’incroyable odyssée géographique qui l’a portée de sa Somalie natale à l’Arabie saoudite, à l’Éthiopie, au Kenya et finalement à un siège au parlement néerlandais, et le voyage spirituel parallèle qui l’a conduite de l’islam à l’athéisme.
Il y a des choses choquantes dans « Ma vie rebelle ». En entrant crûment dans le détail, elle décrit le jour, quand elle avait 5 ans, où sa grand-mère a fait appel à un homme pour l’exciser, elle et sa sœur de 4 ans, et pour circoncire son frère de 6 ans, avec une paire de ciseaux, pendant que ses parents étaient sortis.
Il y a aussi le professeur de Coran de Nairobi qui l’avait frappée tellement fort qu’elle en avait eu une fracture du crâne ; son voyage toute seule vers les Pays-Bas pour échapper à un mariage forcé ; le meurtre brutal, dans une rue d’Amsterdam, de son ami le cinéaste Theo Van Gogh, par un islamiste radical rendu enragé par le film « Submission » qu’ils avaient réalisé ensemble.
Mais « Ma vie rebelle » est surtout intéressant parce qu’il raconte un passage à la maturité, une vie transformée par la lecture et le contact avec les idées occidentales. « Ma vie rebelle » est le livre d’octobre du Buffalo News Book Club. Dans une interview téléphonique depuis Washington, où elle est membre d’un organisme conservateur, l’American Enterprise Institute, et vit sous protection permanente, Hirsi Ali s’est rappelé en riant le premier livre qu’elle avait lu en anglais au Kenya.
« Croyez-le ou pas, c’était Chicken Licken. Vous l’appelez Chicken Little. J’étais venue d’Éthiopie et j’ai appris l’alphabet anglais un peu avant mes 11 ans. » Elle rit encore : « Je ne pouvais pas lire Jack et le haricot magique parce qu’il y avait trop de texte ».
Elle et sa sœur Haweya étaient affamées de livres. « Quand je suis arrivée en Hollande, il y avait des montagnes de livres, on pouvait choisir tout ce qu’on voulait ». Mais au Kenya nous étions prêtes à tout, nous lisions tout parce qu’il n’y avait rien à lire. On avait des livres passés de main en main, qui étaient tellement abîmés qu’il manquait la dernière page, toujours la fin du livre. Alors, comme nous ne pouvions pas payer les livres, ma sœur et moi nous allions dans des librairies et nous lisions debout le dernier chapitre, puis nous remettions le livre en place ».
Elle a lu Nancy Drew, Charlotte Bronte, des romans Harlequin. Elle adorait un livre de biologie moderne. « Je le cajolais, j’allais au lit avec, et puis il a été volé » se rappelle-t-elle.
« Ma vie rebelle » relate son exaltation devant la liberté dont elle pouvait jouir en Hollande, loin de sa famille et de son clan : acheter ses premiers jeans, faire du vélo, aller à la piscine, devenir amie avec des non-musulmans, se couper les cheveux. Elle a appris le hollandais puis a été admise à l’université de Leiden, où elle a lu Darwin, Freud, Spinoza, Kant, Voltaire. « Boire du vin et porter des pantalons, ce n’était rien par rapport à l’histoire des idées », note-t-elle.
« Ma vie rebelle » la voit vivre les attaques terroristes du 11 septembre, rejeter l’islam, perdre sa citoyenneté néerlandaise, et se rendre pour la première fois aux États-Unis. En 2005, elle figurait parmi les 100 personnes les plus influentes du monde selon Time magazine.
« Ma vie rebelle » est superbement écrit. Hirsi Ali révèle qu’elle l’a en fait « dicté en anglais. Je parlais à la femme qui l’a transcrit, exactement comme je vous parle maintenant ».
Une suite à « Ma vie rebelle », intitulée « Nomade », sortira en février. « Les gens posent des tas de questions qui reviennent sans cesse. Partout, les gens me demandent : Dites-nous comment vont les choses entre votre famille et vous, expliquez-nous le sort des femmes musulmanes, dites-nous pourquoi les féministes occidentales n’en parlent pas, et ainsi de suite. J’ai essayé de sélectionner un certain nombre de ces questions et d’y répondre ».
Elle prépare aussi une anthologie des livres qui ont changé sa vie. « Ce n’est pas un livre unique, explique-t-elle, ça s’est passé très progressivement ». L’anthologie rassemblerait « les livres qui vont du moment où j’ai maîtrisé l’alphabet anglais jusqu’à maintenant, les livres qui sont restés dans ma mémoire, et je dirais les circonstances dans lesquelles je les ai lus ».
Depuis peu, elle lit Anna Karénine, de Tolstoï. « Je le lis en anglais, je le lis en Amérique. C’est peut-être ça, ce que fait l’Amérique, rassembler le monde ».
Après une vie de mouvement, Hirsi Ali fait le point : « L’Amérique, j’ai l’impression que c’est chez moi. Le merveilleux, c’est que l’unité de ce pays n’est pas due à l’ethnie, ni à la couleur, ni à la religion. Elle résulte d’un ensemble d’idées qui comprennent la nature humaine, qui admettent que la liberté est absolue, et qu’il faut créer des institutions qui rendent possible la vie, la liberté et la recherche du bonheur au plus grand nombre possible ». La plus grande réussite de la culture occidentale, à ses yeux, c’est « la séparation de l’église et de l’état ».
C’est alors qu’elle travaillait en Hollande comme traductrice pour des immigrants somaliens qu’elle a pris conscience de la discrimination qui existait en Occident, où l’on tolérait un statut de deuxième zone pour certaines femmes au nom du multiculturalisme. C’est une cause qui la dévore toujours. Sa fondation (www.theahafoundation.org) jette la lumière sur des questions comme le cas de la Soudanaise menacée de punition pour avoir porté un pantalon, comme les coutumes de l’excison et du mariage forcé de filles mineures, qui se poursuivent et qui persistent au sein de certaines populations immigrées.
« On sort les filles de l’école à 12 ou 13 ans, pour les marier à des hommes plus âgés, explique-t-elle. Si les professeurs ne s’en aperçoivent pas, et leurs condisciples non plus, on peut en faire n’importe quoi ». Hirsi Ali le dit : son but est d’alerter les institutions occidentales «sur la violence pratiquée au nom de la culture, au nom de la religion, la violence contre les femmes, basée sur les principes».
Hirsi Ali aura 40 ans en novembre. « J’aimerais avoir une famille, me sentir chez moi une fois encore, voyager moins », rêve-t-elle.
Et un autre rêve : « Je voudrais être vivante quand cette révolution à laquelle je crois va changer profondément le monde musulman. Je me mets à espérer un peu quand je vois la manifestation des femmes en Afghanistan, les manifestations d’hommes et de femmes en Iran, la femme soudanaise qui a échappé au fouet et à l’amende. Elle a montré au monde entier à quel point ces lois sont ridicules. Et tout ça pour un pantalon… C’est mon rêve d’être là quand cet énorme changement se produira et de savoir que j’y suis pour quelque chose ».
Source : Buffalo News
Traduction Bivouac-ID en collaboration avec Poste de veille
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cette femme est l’avenir de l’humanité,pourvu qu’elle puisse continuer à s’exprimer sans y laisser sa vie!
Ou sont passé les mouvement feministe?
Elle nous on fait chier pendant des années a pinailler sur des problemes de soutien gorge et de pub avilissante pour la femme et là elles se terrent face a un probleme vital.
@marquis de rome
Sans doute que les féministes, boboisées à souhait, entrent dans la catégorie des femmes pour lesquelles l’esprit de liberté est synonyme de grands espaces à la mode orientaliste dont le beau goumier touareg est un héros et … éros … en comparaison avec la banalité bourgeoise de l’homme occidental moyen qui les répugne tant ….
Je suis féministe -dans le bons sens du terme- et ces garces me foutent la honte! Elles passent leur temps à tabasser les gonzes!
Garces!
Collabos!
Pétasses!
Rakpu!
Bravo madame Hirsi Ali pour votre courage et vos idées de liberté !
Alors qu’elle s’est souvent soumise aux idées extrêmistes, la France s’est honorée en vous donnant, à vous et Taslima Nasreen, le prix Simone de Beauvoir en 2008.
Je rejoins votre dernier souhait et espère également connaitre ce jour heureux.
Cette femme fait parti de mes héroïnes!
Quel courage, quelle dignité et quelle classe.
Les féministes ne l’a soutiennent pas, elles font comme si Ayaan Hirsi Ali et tant d’autres n’existaient pas.
Ces Chiennes De Garces et Mouvement de Luttes des Félonnes ont montrées leurs vrais visages : des machins frustrées qui en voulaient aux hommes de ne pas les traitées comme des esclaves de harem.
Cette femme est un exemple qui dépasse de loin la majorité des femmes européennes, dont le niveau d’éducation frôle les pâquerettes, et le seule lecture est le “Cosmo” .
Bravo à toi, Ayaan Hirsi Ali, je trouve qu’on devrait fondre les statues de cette racaille de Léopold 2 qui polluent nos villes, pour faire des statues à ton effigie (*) . Longue vie à toi !
(*) ainsi qu’à Wafa Sultan, Phoolan Devi, Oriana Fallaci, Théo Van Gogh, Pim Fortuyn etc …
Willofly, Moi aussi c’est une de mes héroïnes, pour les mêmes raisons.
Je l’ai découverte en lisant son livre “Infidel, may life”.
Sa vie est vraiment hors du commun !! Elle a un mérite immense pour ce qu’elle a fait…
Peut-être que les féministes occidentales sont des nullités qu’on nous a appris à révérer et qui se sont toujours battues pour enfoncer des portes, à condition qu’elles soient déjà ouvertes
Faudrait surtout qu’elle fasse des émules.
Hirsi Ali devraient etre citée en exemple de réussite d’intégration occidentale dans nos écoles, surtout dans les écoles où nos immigrés Français de 3em generation trouvent que l’on ne fait toujours pas assez pour eux.
Bravo à cette femme courageuse.
Un bel article sur cette femme magnifique :
http://hirsiali.wordpress.com/tag/hirsi-ali-lessentiel/
L’illustration du dicton qu’il vaut mieux être belle et rebelle que moche et remoche !
@marquis de rome
Marquis des fois tu dis des conneries ecoute anne zelensky feministe de la premiere heure qui continu son combat contre l’islam.
http://laiciste.over-blog.com/article-30859441.html
Les chiennes de gardes qui mordent les moutons se retrouvent édentées devant une burqa , que dis je devant un simple voile, envolé leur féminisme!
Emmerder un petit cadre sup un peu macho pas de problème, le vilain fera amende honorable, mais dès qu’il sagit d’un fronceur de sourcil en djellaba et de sa femme emburquinée ou en-niqabée il n’y a plus personne: on n’y touche pas c’est leur “culture”.
@resistor
Tu a ecouté l’emission que j’ai mis en lien?
Chère Ayaan, en tant que somalien de la diaspora, j’admire votre courage. Personnellement, je pense que tout être humain doit être libre de penser comme il veut, et surtout dans notre milieu somalien l’opinion de l’individu compte peu, c’est l’opinion du groupe qui compte. Lorsqu’une personne change et ne suis plus les us et coutumes de son pays, elle s’attire les foudres de ces gardiens de la tradition qui sème la terreur dans notre pays, eux qui pensent servir Dieu, mais qui le rénient par leurs oeuvres. Je suis chrétien, et j’ai déjà subi pas mal des persécutions à cause de ma foi (je suis dévenu un kaffir selon mes compatriotes).
@ Mohamed,
votre témoignage est tout aussi bouleversant que celui d’ Ayaan et j’espère que vos voies seront entendus, portées ici en Occident, en Afrique et ailleurs pour défendre toutes ces vies brisées et menacées.
Courage dans cet éloignement de votre patrie et que Dieu vous garde et vous réconforte!
@Mohamed C’est l’ensemble des femmes et hommes comme vous qui mériteraient le prix Nobel de la paix. C’est vous qu’il faudrait encourager, c’est vous qui êtes opprimés et c’est vous encore qui résistez! Courage et merci pour votre témoignage.
Oui, un prix Nobel à tous ceux et celles comme vous, Mohamed. Avec une pensée spéciale à toutes ces femmes qui refusent le voile encore plus la burka et qui voient des crétines pseudo féministes défendre bec et ongles celles qui nous l’affichent sous les yeux avec orgueil en parlant de leur “liberté” de le porter et méprisent ainsi ouvertement les autres … car oui,leur donner raison, c’est DEGUEULASSE envers toutes celles qui se battent pour ne plus le subir. Voir à ce sujet la lettre ouverte des féministes laîques algeriennes et iraniennes
http://www.ripostelaique.com/Lettre-ouverte-a-nos-amies.html
@ Mohamed
Emouvant témoignage! Merci! Et on te souhaite d’etre heureux!