Tariq Ramadan chez Ruquier [intégrale en 3 vidéos]

Voici en trois vidéos le passage intégral de Tariq Ramadan à l’émission “on n’est pas couchés” du samedi 26 septembre 2009.  Éric Zemmour a beau lui porter la contradiction, l’intellectuel musulman domine la mêlée médiatique, le public lui est acquis. Agile comme une anguille, Ramadan réussit le tour de force d’amadouer ses contradicteurs sur les questions de la lapidation et de la mise à mort des apostats en déclarant y être opposé à titre personnel, mais en se gardant bien de condamner ces pratiques, chose que ni Zemmour ni Naulleau ne relèvent ni ne remarquent. Ramadan quittera le plateau sous les applaudissements d’un public qui veut manifestement voir en lui un esprit éclairé de l’islam. Que l’on puisse en 2009 s’extasier et voir en un individu qui se refuse à condamner explicitement lapidation et mise à mort des apostats un esprit éclairé défie le sens commun.

Notez le bon mot de Francis Huster.  À un Ramadan qui, fustigeant le passé colonial de la France et  appelant à la repentance, lui demande s’il aurait combattu pour l’empire colonial s’il avait vécu à cette époque, Huster réplique par une autre question et lui demande s’il serait venu combattre Charles Martel à Poitiers s’il avait vécu au VIIIe siècle.

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/xamdmk">http://www.dailymotion.com/swf/xamdmk</a>

<a href="http://www.dailymotion.com/swf/xamdos">http://www.dailymotion.com/swf/xamdos</a>

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168 réponses à “Tariq Ramadan chez Ruquier [intégrale en 3 vidéos]”

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  1. Le pseudo Z12 l’explication est un peu simpliste, et je reste correcte !

    Maintenant le fond de ma pensée : c’est prendre nous prendre pour des cons !

  2. @schon

    exellent texte de Radu Stoenescu

    Il faut reconnaître a Zémour d’avoir fait le maximum pour dénoncer le multiple language de ramadan, surtout lorsqu’il lui demmanda de ne pas appeller les imams des savants ce qui porterer a confondre entre des théologiens musulmans et les plus ilustres philosophes, mathématiciens et physiciens occidentaux qu’on appelle des savants.

    Par contre Naullo ma déçcus, il fait celui qui ne sais rien de ramadan.

  3. @ Schon : merci pour l’article de Radu Stoenescu vraiment très très interressant très intelligent et objectif j’aime trop. Par contre, il faudrait arrêter de s’en prendre à Z12 ce nest pas un ring psychologique et chacun est libre de croire ce qu’il veut et de le dire on est en démocratie, non? De toute façon, la vérité sur T.R. et sur d’autres se fera tôt ou tard, merci.

  4. auteur de ce billet

    Merci de laisser les disputes interpersonnelles et attaques ad hominem à la porte de l’espace de commentaires. Tous les messages de ce type seront systématiquement supprimés.

  5. @ Yann je comprends tout à fait j’en suis désolée

  6. C’est clair que TR ne voudra jamais affronter Radu Stoenescu!
    D’abord, le courage lui manque. Il a peur de Fourest alors là…
    De plus, il risquerait de montrer son vrai visage.
    Même en face du peu de consistance des intervenants chez Ruquier à certains moments il était blême de rage et au bord de l’apoplexie tant il étouffait de haine. Visiblement, la maîtrise de soi n’est pas son fort.
    Surtout, il peut passer pour brillant (et de fait il n’est vraiment pas stupide) selon qui lui tient tête mais mis devant quelqu’un de consistant il se ferai aplatir.
    Le bonhomme est orgueilleux et donc il ne le supporterait pas.
    S’il y a une justice que l’occasion nous soit donnée de le voir confondu.
    Ce jour là, j’espère aussi que quelqu’un lui rappellera que ce n’est pas en calomniant une autre religion comme il l’a fait qu’il rendra la sienne moins cruelle et plus acceptable. Pour mémoire, il a dit : “lapidation plus chrétienne que musulmane”! Là, j’ai failli m’étouffer… pas pour les chrétiens, leurs pratiques, leurs honneurs ou autres mais à cause de la petitesse du procédé.

  7. Willofly, ca t”étonne encore l’usage de ce genre de procédé chez un muzzz????

    il faut que tu avances un peu en pensant comme eux, je sais que c’est trés difficile, mais tu peut y arrivé!!!HI HI!!!!

  8. schon, je parle en connaissance …
    tarik ramadan est un champion en communication même finkielkraut  a pas rivaliser ,zemmour est juste bon a clasher des rappeurs et des ecrivains a la ramasse

  9. (je suis Zed12, j’ai change de nom pour eviter toute confusion)

    @schon
    Superbe article de Radu Stoenescu, mais votre lien ne fonctionne pas, je me permets de le redonner:
    http://www.ripostelaique.com/Tariq-Ramadan-et-le-double.html

    Bref, tout ca pour dire que la valeur de cet article pour moi est qu’il explique comment decoder le message de Ramadan. Et en effet, il souleve bien des points interessants, notamment a propos de l’apostasie.

    Voila ce que je cherchais: une demonstration logique et precise du double langage de Ramadan (qui du reste n’existe pas en tant que tel). Et Radu remarque plusieurs choses que j’avais moi-meme remarque:
    1. Tariq ce n’est pas son grand-pere (et du reste il suit une ligne differente selon Radu). Donc lui faire ce faux proces est un argument fallacieux qui se retourne contre celui qui le fait.
    2. Tariq n’utilise pas de double langage

    Et la clef de voute de l’edifice que Radu donne et qui m’avait echappe (et pourtant c’etait bien en evidence devant moi):
    3. Tariq utilise la double entente. C’est a dire qu’il utilise le fait que les memes mots n’ont pas la meme signification selon l’interlocuteur. Le langage est unique, le sens multiple.

    Et le pire c’est que je m’etais deja rendu compte a propos du mot “respect” qui dans la bouche d’un jeune de banlieue et synonyme de crainte alors que dans la mienne il est synonyme d’admiration.

    Mais la dans un discour bien ficele, poli a l’extreme, l’enchainement de double sens, de doubles interpretation de Tariq Ramadan est impossible a decoder pour le commun des mortels. Et encore moins d’y repondre du tac-au-tac. Car Tariq Ramadan a un avantage supreme, il a grandit dans les deux cultures et peut donc manier les doubles sens avec aisance, ce qu’un interlocuteur ne pourra faire qu’a tete reposee en faisant une analyse de texte.

    Bref, je dit bravo a Radu pour avoir su faire comprendre tout ca a un pauvre d’esprit comme moi (ou un aplatis, c’est selon l’adjectif dont les intervenants desirent m’affubler). C’est tout ce que je demandais a travers mes interventions et certainement pas a etre ostracise pour avoir ose m’interroger sur la doxa en vigueur ici sans y croire aveuglement.

  10. ramadan est un champion en communication perverse

  11. c’était le dernier

  12. Il faut bien avouer que sur ce coup là Zemour a éé en dessous de tout.

    Rien que quand Ramadan a dit :

    la position majoritaire qui consistait à dire que quand on change de religion, on est passible de peine de mort est une opinion parmi d’autres

    La réponse de Zemour aurait du être immédiate :

    Non mais attendez, la position majoritaire ne serait qu’une opinion parmi d’autre ? Vous vous foutez de la gueule du monde ! Et pourquoi donc la France devrait accueillir des musulmans dont la majorité est prête au meurtre des apostats ? Et comment vous pouvez oser nous affirmer après ça que l’islam ne serait pas criminogène et serait compatible avec la liberté de culte Française ?

    Je me demande même si Zemour n’a pas reçu des ordres de son boss Ruquier pour être si accomodant. Parce que quand même un type qui lui dit que la majorité des muslims sont des tueurs d’apostat, c’est bizarre que Zemour n’en sursaute pas et semble trouver ça tout à fait normal.

  13. Lol! Je vais m’y efforcer withknight.

  14. Tariq ramdan nous dis:

    .

    En voilà un énorme mensonge ,tariq.

    Toutes les conquêtes du monde faites au nom d’un allah inexistant, c’était quoi Ramdan?

    Qu’a fait l’islam des autochtones une fois leur pays conquis?
    que reste-t-il des pharaons ,des coptes et des nords africains, berbères?
    combien de civilisations à travers la planète a été englouti par l’ouragan ,nommé islam?

    Il vient revendiquer l’égalité de la place de l’islam en occident et dans les pays muz les minorités et les pratiques religieuses chrétiennes sont réduites à néant cependant les mosquées poussent comme des champignons en EUROPE.

    N’oubliant pas que son grand-père était le fondateur de l’idéologie des frères musulmans..Il ne peut-être que la continuité avec bien sûr les méthodes dignes des hommes des hommes de l’ombre..
    je n’y pas un seul instant à sa modernité de façade..
    Sa femme française il en a fait “une muze” .Avec çà pour moi ,il a annoncé déjà la couleur..
    Cet homme est sournois et dangereux…

  15. Ruquier est bien trop idiot pour comprendre que les Islamofachiste déteste encore plus les Homos que les Juifs.

  16. le problème est simple la religion catholique et l’état on ete séparer en france ce qui n’est pas le cas de l’islam la politique depend du religieux le discours de tarik ramadans oublie ce faite c’est surment ce que veux dire zemour mais il c’est mal exprimer
    car il faut l’avouer Tarik Ramadan sais utiliser la langue français
    parler donc de la religion avec un musulman n’est possible que si on tient compte de ce faite la loi islamique impose des regle qui ne sont pas compatible avec la laïcité de ce faite
    (priére, port du voile non imposé jeune travaux pénible) de ce faite tout musulman arrivant en france doit pour s’adapter au loi français laisser certaine pratique de sa religion dans son pays ou dans son coeur
    (on comprend mieux de ce faite le malaise qui peux en résulter)
    les solution :remétrer en cause les principe et les devoirs d’un musulman vis a vis de sa religion
    les chrétien choisisse soit la prêtrise soit l’église le dimanche l’islam n’a jamais pris conscience de ce choix
    lol je vais m’arrenter car sa pourrais faire un roman
    pour conclure on as mi des siècle pour séparer l’église et l’état faut donner du temps au musulman qui pour beaucoup fond énormément d’effort d’intégration

  17. un exemple de manipulation. comme TR raconte le massacre des juifs de la tribu des Banu Qurayza. je mets d’abord son texte, puis une des sources historiques…. (sources=islam-documents.org). là , vous verrez l’astuce.

    La version Ramadan de l’extermination des Banu Qurayza.
    (T. Ramadan , Muhammad, vie du Prophète , p. 218-222).
    Le Prophète libéra ses hommes et leur perinit de se rendre dans leur foyer. L’ennemi s’en était allé et le siège était levé: épuisés, les Médinois étaient heureux d’un dénouement qu’ils n’espéraient plus alors qu’ils avaient eux-mêmes atteint la limite de leur résistance. Muhammad s’en retourna aussi chez lui et se reposa jusqu’à la première prière de l’après-midi. Lorsque celle-ci eut été accomplie, l’ange Gabriel vint à sa rencontre et l’informa que Dieu lui commandait de se rendre immédiatement auprès des Banû Qurayza qui l’avaient trahi et qui n’avaient pas été loin de provoquer la perte et l’extermination de la communauté musulmane.
    Le Prophète apostropha sur-le-champ ses compagnons et l’ensemble de l’auditoire présent à la mosquée en leur demandant de se préparer. Il s’agissait de faire le siège de la forteresse des Banû Qurayza. Les musulmans devaient se déplacer par groupes, mais le Prophète exigea:
    Qu’aucun d’entre vous n’accomplisse la seconde prière de l’après-midi (al-’asr) avant d’avoir atteint le territoire de Qurayza. »
    Le temps était compté et les musulmans, qui avaient espéré se reposer enfin, n’eurent que le temps de réunir leurs affaires, d’enfiler leur tenue de combat et de se mettre en route. Entre les groupes qui se rendaient à Banû Qurayza, une dispute éclata: il était l’heure de prier al-’asr et un groupe, répétant littéralement l’ordre du Prophète, affirma qu’il était exclu d’accomplir la prière en route et qu’il fallait attendre d’être parvenu à Banû Qurayza. L’autre groupe rétorqua que l’intention du Prophète, ce qu’il avait voulu dire, était qu’il fallait se dépêcher de s’y rendre, mais que, lorsque l’heure de la prière était venue, il fallait bien sûr l’accomplir à son heure. Un groupe donc s’abstint de prier en s’en tenant à la formulation littérale des propos du Prophète, et l’autre pria en se référant à l’intention, à l’esprit et à l’objectif de la recommandation. ils allèrent plus tard s’enquérir de la bonne interprétation, et le Prophète accepta les deux compréhensions. Cette attitude allait avoir des conséquences majeures pour l’avenir de la communauté musulmane car, après la mort du Prophète, deux grandes écoles de pensée verront le jour: abl al-badîtb, qui, à la suite de ‘Abd Allah ibn ‘Umar et selon l’esprit du premier groupe susmentionné, s’en tiendront à la littéralité des propos contenus dans la tradition prophétique (Sunna), et ahl ar-ray , avec ‘Abd Allah ibn Masûd, qui chercheront à comprendre l’objectif du propos, sa finalité, son esprit et son sens parfois figuré. Les deux approches avaient été agréées par le Prophète, et il s’agissait donc de deux façons justes et légitimes de rester fidèle au message.
    Environ trois mille hommes encerclaient désormais les forteresses des Banû Qurayza. Reclus, enfermés avec peu de vivres, ceux-ci résistèrent néanmoins vingt-cinq jours, tant ils craignaient le sort qu’ils supposaient devoir être le leur après la gravité de leur trahison. Le Prophète envoya Abû Lubâba, un homme des Aws (qui avaient antérieurement scellé un pacte avec les Banû Nadîr et étaient de fait restés proches des Banû Qurayza), pour discuter des termes de leur capitulation. Abû Lubâba, face au spectacle de la désolation qui régnait à l’intérieur des murs de la forteresse, ne put s’empêcher de faire comprendre aux Banû Qurayza qu’ils encourraient la mort s’ils se rendaient. Comme nous l’avons vu, il regrettera amèrement son geste, qui aurait pu pousser les Banû Qurayza à ne pas capituler ou à chercher une issue à travers d’autres alliances. Ceux-ci décidèrent cependant d’ouvrir les portes de leurs forte resses et de reconnaître leur défaite.
    Les femmes et les enfants furent confiés à la garde de l’ancien rabbin Abd Allah ibn Sallâm, et les sept cents hommes furent ligotés et mis à l’écart dans un champ. Les biens, les richesses et lés armes furent collectés et rassemblés afin d’être ramenés à Médine. Les Aws envoyèrent immédiatement une délégation auprès du Prophète afin de lui demander de faire preuve, vis-à-vis des Banû Qurayza, de la même clémence que celle qui avait été la sienne jusqu’alors. Muhammad leur demanda:
    -« Seriez-vous satisfaits si je demandais à l’un des vôtres [du clan des Aws] de prononcer la sentence à leur endroit? »
    Ils répondirent de façon très positive, persuadés qu’aucun des leurs ne pourrait oublier les alliances passées, et le Prophète demanda que l’on aille chercher Sa’d ibn Mu’âdh qui était encore blessé et était soigné dans la mosquée de Médine.
    Le Prophète avait jusqu’alors grâcié les prisonniers590 . Il avait plus tard rencontré certains des captifs de Badr parmi ses plus farouches ennemis à Uhud, et il en fut de même avec les Banû Nadir - qu’il laissa partir avec femmes, enfants et richesses -, dont il retrouvait maintenant le chef, Huyay, à la tête du complot des Coalisés. Parmi les prisonniers de Banû Qurayza, il y avait également un grand nombre de ceux qui avaient été exilés de Banû Nadir. Sa clémence n’avait donc eu aucun effet sur la plupart de ceux qui en avaient bénéficié, et elle envoyait un message peu compréhensible dans toute la péninsule: Muhammad, pensait-on, contrairement aux usages arabes et même à ceux des juifs, ne tue jamais ses prisonniers. Sa clémence, maintes fois trahie, était perçue comme un signe de faiblesse, sinon de folie. Par ailleurs, la gravité de la trahison des Banû Qurayza était telle qu’elle aurait signifié, si leurs plans s’étaient réalisés, la mise à mort des musulmans, trompés de l’intérieur et écrasés par une armée de dix mille combattants591 .
    Sa’d ibn Mu’âdh arriva enfin chez les Banû Qurayza, et il voulut d’abord s’assurer que son jugement serait effectivement respecté de chacun. il se touma vers les chefs des différents partis qui, à tour de rôle, affirmèrent qu’ils se conformeraient à sa décision. Il interpella enfin le Prophète - dont il pouvait craindre le désaccord -, qui confirma qu’il ne s’opposerait point à sa décision. Ibn Mu’âdh jugea que les hommes devaient être mis à mort et que les femmes et les enfants seraient considérés comme des captifs de guerre. Muhammad accepta cette sentence, qui fut exécutée dans les jours qui suivirent. Un certain nombre de captifs furent rachetés par les Banû Nadir et Rayhânah, une captive des Banû Qurayza, originellement des Banû Nadir, devint l’esclave du Prophète. Les récits varient sur ce qu’il advint d’elle: elle devint musulmane puis, selon certaines sources, le Prophète l’affranchit et l’épousa; d’autres rapportent qufl l’épousa simplement, et les dernières affirment qu’elle refusa le mariage et resta sa servante pendant cinq ans, jusqu’à sa mort.
    L’annonce de la double victoire des musulmans se répandit dans la péninsule et y transforma du tout au tout les perceptions et les rapports de force. Non seulement ils avaient résisté à une armée de plus de dix mille hommes, mais ils avaient fait montre d’une détermination sans faille592 . Le destin des hommes des Banû Qurayza envoya un message fort à toutes les tribus avoisinantes : les trahisons et les agressions seraient désormais durement châtiées. Le message fut entendu, car une telle situation ne se reproduisit plus jamais du vivant du Prophète.593

  18. la version “authentique”, rarement traduite en français. c’est long, pardon, mais révélateur.

    (ibn Hisham , Conduite de l’envoyé d’Allah 684-700).
    Selon ce que al Zuhri m’a raconté , au moment de la prière de midi , Gabriel est apparu à l’apôtre portant un turban brodé et chevauchant une mule avec une selle couverte d’une pièce de brocard. Il demanda à l’apôtre s’il avait abandonné le combat , et qu’il lui a dit , il répondit que les anges n’avaient pas déposé leurs armes et qu’il revenait justement de la poursuite de ses ennemis.
    -Allah te commande , Muhammad , d’aller contre les Banu Qurayza. Je suis sur le point de partir ébranler leurs forteresses.
    Le prophète fit proclamer que personne ne ferait la prière de l’après-midi avant qu’il n’ait atteint le territoire des Banu Qurayza. L’apôtre envoya Ali en avant avec sa bannière et les hommes attachés à celle-ci. Ali avança jusqu’à ce qu’il arrive près des forteresses au point d’entendre des paroles grossières concernant l’apôtre. Il rentra voir l’apôtre sur la route et lui dit qu’il n’était pas nécessaire pour lui d’approcher plus encore ces vauriens.
    L’apôtre dit:
    -Pourquoi? Je pense que tu as du entendre quelque chose de mal sur moi.
    Et quand Ali lui dit qu’il en était ainsi , il ajouta:
    -S’ils m’avaient vu , ils n’auraient pas parlé de cette façon.
    Quand l’apôtre approcha de leurs forteresses , il dit:
    -Vous , frères de singes! Allah vous a t-il pris en disgrâce et a t-il apporté sa vengeance contre vous?
    Ils répondirent:
    -Ô Abu Qasim , tu n’es pas quelqu’un de barbare.
    L’apôtre alla voir un certain nombre de ses compagnons à al Saurayn avant d’aller contre les Banu Qurayza et il demanda si quelqu’un était allé chez eux. Ils répondirent que Dihya ibn Khalifa al Kalbi était allé chez eux sur une mule dont la selle était couverte d’une pièce de brocard. Il dit:
    -C’était Gabriel qui leur a été envoyé pour ébranler leurs forteresses et frapper leurs coeurs de terreur.
    Quand l’apôtre d’Allah partit contre les Banu Qurayza , il fit halte près d’un de leurs puits à côté de leur domaine , appelé le puit d’Ana. Les hommes le rejoinrent. Certains arrivèrent après la dernière prière du soir , n’ayant pas procédé à la prière de l’après-midi parce que l’apôtre leur avait dit de ne pas le faire avant d’aller contre les Banu Qurayza. Ils avaient été fort occupés par les préparatifs de guerre et ils avaient refusé de prier avant d’aller contre les Banu Qurayza en accord avec ses instructions et ils firent donc cette prière de l’après-midi après la dernière prière du soir. Allah ne les a pas blamés pour cela dans son livre , et l’apôtre ne leur a pas reproché cela. Mon père Ishaq ibn Yasar m’a raconté ce récit provenant de Mabad ibn Malik al Ansari.
    L’apôtre les assiégea alors pendant vingt-cinq nuits jusqu’à ce qu’ils furent dépourvus de tout et jusqu’à ce qu’Allah ne verse la terreur dans leurs coeurs.
    Entretemps , Huyayy ibn Akhtab était resté avec les Banu Qurayza dans leurs forteresses quand les Quraysh et les Ghatafan501 avaient fait retraite et les avaient abandonnés , pour tenir sa parole à l’égard de Kab ibn Asad ; quand ils se rendirent compte que l’apôtre ne les laisserait pas avant d’avoir mis un terme à leur existence , Kab ibn Asad leur dit:
    -Ô Juifs , vous avez vu ce qui vous arrive ; je vous offre trois alternatives. Prenez celle qui vous plaît:
    Vous allez suivre cet homme et l’accepter comme véridique , parce que par Allah , il est devenu évident pour vous qu’il est le prophète qui a été envoyé et que c’est lui dont vous trouvez mention dans vos Ecritures ; alors , vos vies , vos biens , vos femmes et enfants seront saufs.
    Ils répondirent:
    -Nous n’abandonnerons jamais les lois de la Torah et ne la remplacerons par rien d’autre.
    Il dit alors:
    -Puisque vous n’accepterez cette proposition , tuons nos propres femmes et enfants et envoyons nos hommes avec leurs sabres tirés contre Muhammad et ses compagnons502 , ne laissant rien à regretter derrière nous jusqu’à ce qu’Allah décide entre nous et Muhammad. Si nous périssons , nous périssons et nous ne laisserons pas d’enfants derrière nous pour nous causer de l’angoisse. Si vous sommes vainqueurs , nous pourrons avoir d’autres femmes et enfants.
    Ils dirent:
    -Doit-on tuer ces pauvres créatures? Qu’est ce que la vie aurait de bon s’ils sont morts?
    Il dit:
    -Puisque vous n’accepterez pas cette solution , voici la troisième ce soir , nous sommes à la veille du sabbat , et il se peut bien que Muhammad et ses compagnons se sentent hors de danger de notre part , alors descendons contre eux , et peut-être que nous pourrons prendre Muhammad et ses compagnons par surprise.
    Ils dirent:
    -Allons-nous profaner notre sabbat et faire ce que ceux que tu connais ont fait avant nous et ont ainsi été transformés en singes503?
    Il répondit:
    -Pas un seul d’entre vous depuis le jour de votre naissance n’a jamais passé une nuit résolu à faire ce qu’il sait nécessaire d’être fait.
    Alors ils envoyèrent quelqu’un à l’apôtre pour lui dire:
    -Envoie-nous Abu Lubaba ibn Abdul Mundhir , frère de ibn Amir ibn Awf parce qu’ils étaient alliés des Aws , pour que nous puissions le consulter.
    L’apôtre leur envoya Abu Lababa et quand ils le virent , ils allèrent le rencontrer. Les femmes et les enfants y allèrent des larmes sur leurs visages et il était désolé pour eux. Ils dirent:
    -Ô Abu Lubaba , penses-tu que nous devrions nous soumettre au jugement de Muhammad?
    Il dit:
    -Oui.
    Et il mit sa main sur la gorge pour leur faire comprendre: “massacre”.
    Abu Lubaba dit:
    -Mon pied n’a pas bougé de place avant que je ne sache que j’avais été faux à l’égard d’Allah et de son apôtre.
    Puis il les laissa , sans rejoindre l’apôtre parce qu’il se lia lui-même à un des piliers de la mosquée en disant:
    -Je ne quitterai pas cet endroit avant qu’Allah ne me pardonne pour ce que j’ai fait.
    Et il promit à Allah qu’il ne reviendrait jamais chez les Banu Qurayza et qu’on ne le verrait jamais dans une ville dans laquelle il a trahi Allah et son apôtre.
    Quand l’apôtre entendit parler de lui , comme il l’avait attendu longtemps , il dit:
    -S’il était venu à moi , j’aurai demandé le pardon pour lui , mais considérant la façon dont il s’est comporté , je ne le laisserai pas partir de là où il est avant qu’Allah ne lui pardonne.
    Yazid ibn Abdullah ibn Qusayt m’a dit que le pardon d’Abu Lubaba vint à l’apôtre à l’aube alors qu’il était dans la maison de Umm Salama. Elle dit:
    -A l’aube , j’ai entendu l’apôtre rire et j’ai demandé: pourquoi ris-tu?
    -Qu’Allah te fasse rien , m’a t-il répondu , Abu Lubaba a été pardonné.
    Elle lui dit:
    -Puis-je lui annoncer la bonne nouvelle?
    Quand il lui dit qu’elle pouvait le faire , elle vint se tenir à la porte de sa chambre (c’est avant que le voile ne soit prescrit pour les femmes504) et elle lui cria:
    -Ô Abu Lubaba , réjouis-toi , parce qu’Allah t’a pardonné!
    Alors les gens se précipitèrent pour le délivrer.
    Il dit:
    -Non! Pas avant que l’apôtre ne me libère de ses propres mains!
    Quand l’apôtre passa le voir , pour la prière du matin , il le libéra.
    Thalaba ibn Saya , Usayd son frère , et Asad ibn Ubayd des Banu Hadl505 , qui n’étaient pas liés aux Banu Qurayza ou aux Banu Nadir (leur lignage était bien au dessus de cela506) , acceptèrent l’islam la nuit où les Banu Qurayza se sont rendus au jugement de Muhammad.
    Cette nuit , Amir ibn Suda al Qurayzi sortit et approcha les gardes de l’apôtre commandés par Muhammad ibn Maslama qui le stoppa507 . Amir avait refusé de se joindre aux Banu Qurayza dans leur traîtise envers l’apôtre en disant:
    -Je ne me conduirai jamais avec traîtrise envers Muhammad.
    Quand Muhammad ibn Maslama le reconnut , il dit:
    -Ô Allah , ne me prive pas de l’honneur de redresser les erreurs des nobles!
    Et il le laissa poursuivre son chemin. Il alla jusqu’à la porte de la mosquée de l’apôtre d’Allah à Médine , cette nuit-là. Ensuite , il disparut et jusqu’à ce jour , personne ne sait où il est allé.
    Quand l’apôtre sut cela , il déclara:
    -C’est un homme qu’Allah a délivré grâce à sa foi.
    Des gens prétendent qu’il était lié avec une corde pourrie aux autres Qurayza captifs quand qu’ils furent soumis au jugement de l’apôtre , et cette vieille corde a été retrouvée jetée au loin , personne ne sachant vraiment où il est allé et à ce moment-là , l’apôtre dit ces mots. Allah sait réellement ce qui s’est passé.
    Le matin , ils se soumirent au jugement de l’apôtre et les Aws protestèrent en disant:
    -Ô apôtre , ce sont nos alliés , pas les alliés des Khazraj , et tu sais comment tu as il y a peu traité les alliés de nos frères508. En effet , l’apôtre avait assiégé les Banu Qaynuqa qui étaient les alliés des Khazraj et quand ils se soumirent à son jugement , Abdullah ibn Ubayy509 ibn Salul demanda à se charger de l’affaire et il le lui accorda.
    Après le discours des Aws , l’apôtre leur dit:
    -Seriez-vous satisfait , ô Aws , si l’un d’entre vous prononce le verdict contre eux?
    Quand ils se mirent d’accord , il leur dit que l’homme choisi était Sad ibn Muadh510. L’apôtre avait mis Sad sous une tente appartenant à une femmes des Aslam appelée Rufayda , à l’intérieur de sa mosquée. Elle servait d’infirmière pour les blessés et assistait ceux des musulmans qui avaient besoin de soins. L’apôtre avait dit aux gens que Sad , qui avait été atteint par une flèche à la bataille du fossé , devait être installé dans la tente de Rufayda avant qu’il puisse lui rendre visite.
    Quand l’apôtre l’eut nommé responsable du sort des Banu Qurayza , ses gens virent le monter sur un âne sur lequel ils avaient mis un coussin de cuir , parce qu’il était un homme corpulent. Tandis qu’ils l’emmenaient vers l’apôtre , les gens lui disaient:
    -Prononce-toi avec bienveillance à l’égard de tes amis , l’apôtre t’a nommé responsable justement dans ce but.
    Ils insistaient et il répliqua:
    -Le moment est venu pour Sad , pour la cause d’Allah , de ne pas se préoccuper de l’avis des hommes.
    Quelques personnes qui étaient là revinrent au quartier des Banu Abdul Ashhal annoncer la mort des Banu Qurayza avant même que Sad ne les rencontre , parce qu’ils l’avaient entendu dire ces mots.
    Sad rejoignit l’apôtre et les musulmasns et l’apôtre leur commanda de se lever pour saluer leur chef. Les muhajirun des Quraysh pensèrent qu’il ne s’adressait qu’aux ansar , alors que ceux-ci pensaient qu’il s’adressait à tous , alors tous se levèrent et dirent:
    -Ô Abu Amir , l’apôtre t’a chargé du cas de tes alliés pour que tu prononces à jugement à leur sujet.
    Sad demanda:
    -Pouvez-vous jurer par Allah que vous accepterez le jugement que je rendrai les concernant?
    Ils dirent oui , et il ajouta , en regardant dans la direction de l’apôtre , mais sans le mentionner par respect:
    -Est-ce aussi valable pour celui qui est là?
    L’apôtre répondit oui.
    Sad déclara alors:
    -Je prononce donc le jugement selon lequel les hommes seront tués , leurs biens partagés , leurs femmes et enfants capturés.
    Asim ibn Omar ibn Qatada m’a dit , d’après Abdul Rahman ibn Amir ibn Sad ibn Muadh511 (…) que l’apôtre a dit:
    -Tu as donné le jugement d’Allah au dessus des sept cieux.
    Puis ils se rendirent , et l’apôtre les enferma à Médine dans le domaine d’al Harith , une femmes des Banu Najjar512 . L’apôtre alla au marché de Médine (là où se trouve le marché actuel) et fit creuser des tranchées. Il les envoya chercher et trancha leurs têtes dans les tranchées où ils avaient été amenés par paquets. Parmi eux se trouvait l’ennemi d’Allah Huyayy ibn Akhtab et Kab ibn Assad , leur chef. Il y en avait 600 ou 700 en tout , bien que certains avancent le chiffre de 800 ou 900.
    Tandis qu’ils étaient sortis par paquets et emmenés vers l’apôtre , ils demandaient à Kab ce qu’il pensait qu’il allait leur arriver. Il répliqua:
    -Ne comprendrez-vous jamais? Ne voyez-vous pas que celui qui les appelle ne cesse pas et que ceux qui sont emportés ne reviennent jamais? Par Allah , c’est la mort!
    Tout cela continua jusqu’à ce que l’apôtre y mit fin.
    Huyayy fut emmené portant une robe fleurie dans laquelle il avait fait des trous de la taille d’un doigt un peu partout pour qu’elle ne lui soit pas prise comme butin , et ses mains tenues à son cou par une corde. Quand il vit l’apôtre , il lui dit:
    -Par Allah , je ne me blâme pas de m’être opposé à toi , mais celui qui maudit Allah doit être maudit513 .
    Il alla vers ses hommes et dit:
    -L’ordre d’Allah est juste. Un livre , un décret et un massacre ont été écrits contre les fils d’Israël.
    Il s’assit et sa tête fut tranchée.
    Jabal ibn Jawwal al Thalabi a dit:
    ibn Akhtab ne se reprochait rien ,
    mais celui qui maudit Allah sera maudit.
    Il combattit jusqu’à sa punition
    et lutta à l’extrême à la poursuite de la gloire.
    Muhammad ibn Jafar ibn al Zubay m’a dit d’après Urwa ibn al Zubayr que Aïsha a dit:
    -Seule une femme fut tuée. Elle était avec moi , et riait énormément tandis que l’apôtre tuait les hommes sur le marché.514
    Soudain , une voix appela son nom.
    J’ai crié:
    -Par le ciel! Que se passe t-il?
    -Je vais être tuée , répondit-elle.
    -pourquoi?
    -Pour quelque chose que j’ai fait.
    Elle fut emmenée et décapitée.
    Aïsha disait:
    -Je n’oublierai jamais ma surprise face à son bon moral et son rire puissant , alors qu’elle savait qu’elle serait tuée.
    ibn Shihab al Zuhri m’a dit que Thabit ibn Qays ibn al Shammas était allé vers al Zabir ibn Bata al Qurayzi qui était Abu Abdul Rahman. Al Zabir avait épargné Thabit avant l’islam515 . Un des fils d’al Zabir m’a dit qu’il l’avait épargné le jour de la bataille de Buath , et qu’après l’avoir capturé et avoir coupé ses nattes516 , il l’avait laissé partir.
    Thabit vint vers lui (il était alors un vieil homme) et demanda s’il le connaissait , ce à quoi il répondit:
    -Un homme comme moi reconnaîtrait-il un homme comme toi?
    -Je voudrais te rendre un bienfait que tu m’as octroyé autrefois.
    -Le noble rend au noble.
    Thabit se rendit auprès de l’apôtre et lui dit que al Zabir avait épargné sa vie autrefois et qu’il voulait le lui rendre ce bienfait , alors l’apôtre dit que sa vie serait épargnée.
    Il revint lui annoncer que l’apôtre avait épargné sa vie , et celui-ci déclara:
    -Que peut faire de sa vie un vieil homme sans famille et sans enfants?
    Thabit retourna vers l’apôtre , qui promit de lui rendre femme et enfants. Quand il le sut , il dit:
    -Comment un foyer peut vivre dans le Hedjaz sans biens?
    Thabit s’assura que l’apôtre avait promis que ses biens lui seraient rendus et revint lui dire. Il lui répondit:
    -Ô Thabit , qu’est devenu celui dont le visage était comme un miroir de Chine517 dans lequel les vierges de la tribu voulaient se voir , Kab ibn Asad?
    -Tué.
    -Et le prince du désert et de la steppe , Huyayy ibn Akhtab?
    -Tué.
    -Et celui de notre avant-garde dans l’attaque et de l’arrière-garde dans la fuite , Azzal ibn Samawal?
    -Tué.
    -Et celui de nos deux assemblées? en voulant parler de ibn Kab ibn Qurayza et ibn Amir ibn Qurayza.
    -Tués.
    -Alors je te demande , Thabit , par le service que tu me dois , de me faire rejoindre ceux de mon peuple , parce que maintenant la vie n’apporte plus de joie puisqu’ils sont morts et je ne veux plus supporter de vivre encore un instant de plus sans rencontrer ceux que j’aimais.
    Alors Thabit se leva et lui trancha la tête.
    Quand Abu Bakr entendit ces paroles “rencontrer ceux que j’aimais” , il ajouta:
    -Oui , par Allah , il les retrouvera en enfer pour toute l’éternité.
    L’apôtre a donc ordonné que tous les adultes parmi eux soient tués.
    Shuba ibn al Hajjaj m’a dit d’après Abdul Malik ibn Umayr d’après Atiya al Qurayzi518 : l’apôtre a ordonné que chaque adulte des Banu Qurayza soit tué. J’étais un adolescent et ils ont estimé que je n’étais pas adulte et alors ils m’ont laissé partir.
    Ayyub ibn Abdul Rahman ibn Abdullah ibn Abu Sasa , frère de ibn Adiy ibn al Najjar m’a dit que Salma bint Qays , mère d’al Mundhir soeur de Salit ibn Qays -elle était d’une des tantes maternelles de l’apôtre qui a prié avec lui à la fois vers Jérusalem et vers la Mecque et elle a juré l’allégeance des femmes envers lui519 - lui a demandé d’épargner Rifaa ibn Samawal al Qurayzi qui était adulte et avait trouvé refuge chez elle , et qui les connaissait bien. Elle disait qu’il avait affirmé qu’il prierait et mangerait de la viande de chameau520. Alors il le lui donna et elle sauva sa vie.
    Ensuite , l’apôtre partagea les biens , femmes et enfants des Banu Qurayza parmi les musulmans , et il fit savoir pour ce jour le pourcentage des parts dont il préleva pour lui le cinquième. Un cavalier reçut trois parts , deux pour le cheval , un pour le cavalier. Un homme sans cheval recevait une part. Le jour des Banu Qurayza , il y avait 36 chevaux. Ce fut le premier butin pour lequel des parts furent prévues521 et que le cinquième fut prélevé. Cela devint la règle pour les raids , d’après ce précédent , et selon la division des parts par l’apôtre.
    L’apôtre envoya Sad ibn Zayd al Ansari , frère de ibn Abdul Ashhal avec quelques femmes captives des Banu Qurayza vers le Najd et il les vendit contre des chevaux et des armes.
    L’apôtre choisit une des femmes pour lui-même , Rayhana bint Amir ibn Khunafa , une des femmes des Banu Amir ibn Qurayza522 , et elle resta avec lui jusqu’à ce qu’elle meurt , sous sa domination. L’apôtre lui proposa le mariage et de mettre un voile sur elle , mais elle dit:
    -Non , laisse-moi en ton pouvoir , parce que cela sera plus simple pour toi et pour moi523.
    Alors , il la laissa dans cette situation.
    Elle avait montré de la répugnance envers l’islam quand elle avait été capturée et restait attachée au judaïsme. L’apôtre la mit donc de côté et ressentait de la peine.
    Il était avec ses compagnons quand il entendit un son de sandales derrière lui et il dit:
    -C’est Thalaba ibn Saya qui vient me donner la bonne nouvelle de la conversion de Rayhana à l’islam , et il alla vérifier le fait. Cela lui procura du plaisir.
    Allah a révélé à propos du Fossé et des Banu Qurayza le récit qui se trouve dans la sourate des confédérés dans laquelle il mentionne leur procès et sa bienveillance envers eux-mêmes , et son aide quand il écarta d’eux ce que l’un des traîtres avait dit qu’il avait fait:
    Ô vous qui croyez , rappelez-vous de la faveur d’Allah envers vous quand les armées sont venues contre vous , et que nous avons envoyé contre eux un vent et des armées que vous ne pouvez pas voir , et Allah est clairvoyant de ce que vous faites .
    Les armées étaient celles de Quraysh , et des Ghatafan , et des Banu Qurayza. Les armées qu’Allah a envoyées étaient celles des anges. Allah a dit:
    Quand ils viennent vers vous au dessus de vous et en dessous de vous , et que les yeux s’égarent et que les coeurs montent à la gorge et que nous pensez des choses vaines à propos d’Allah.
    Ceux qui sont venus à vous par dessus étaient les Banu Qurayza: ceux d’en dessous étaient les Quraysh et les Ghatafan. Il y a eu des croyants surpris et secoués par un puissant choc. Et ceux qui étaient hypocrites et ceux dont les coeurs ont une maladie disaient:
    -Ce qu’Allah et l’apôtre ont promis n’est rien moins qu’un mensonge.
    Ils se référaient à des paroles de Muattib ibn Qushayr.
    (…)
    Quand l’affaire des Banu Qurayza fut terminée , la blessure de Sad se rouvrit et il mourut en martyr.
    Muadh ibn Rifaa al Zuraqi m’ a dit:
    -Quelqu’un que vous aimez dans mon peuple m’a dit que Gabriel est apparu à l’apôtre quand Sad a été emporté , au milieu de la nuit , portant un turban brodé , et qui dit:
    -Ô Muhammad , qui est cet homme mort pour qui les portes du ciel ont été ouvertes et vers qui le trône trembla?
    L’apôtre se leva vite traînant ses vêtements , en allant voir Sad , et il le trouva mort.
    Abdullah ibn Abu Bakr m’a dit d’après Amra bint Abdul Rahman: alors qu’Aïsha était retournée à la Mecque avec Usayd ibn Hudayr il apprit la mort de sa femme , et montra une grande tristesse. Aïsha dit:
    -Qu’Allah te pardonne , ô Abu Yahya , vas tu te lamenter pour une femme alors que tu as perdu le fils de ton oncle , celui pour qui le trône trembla524 .
    Une personne que je soupçonne pas de mentir m’a dit d’après al Hassan al Basri: Sad était un homme très gros mais quand les gens l’ont porté , ils ont trouvé qu’il était très léger. Certains des hypocrites ont aussi dit:
    -Il était gros et nous n’avons jamais porté un cercueil plus léger.
    Quand l’apôtre entendit cela , il répondit:
    -Il aurait pu avoir d’autres porteurs. Par celui qui tient ma vie dans sa main , les anges se sont réjouis en recevant l’esprit de Sad et le trône trembla.
    Muadh ibn Rifaa m’a dit d’après Mahmud ibn Abdul Rahman ibn Amir (…): quand Sad a été enterré , nous étions avec l’apôtre , il dit subhanallah525 et nous l’avons dit avec lui. Il dit ensuite Allah akbar526 et les hommes l’ont dit aussi. Quand nous avons demandé pourquoi il avait dit cela , il répondit:
    -La tombe est scellée sur ce bon homme jusqu’à ce qu’Allah l’en fasse sortir.
    De Sad un des ansar a dit:
    -Nous n’avons jamais entendu dire que le trône d’Allah a tremblé pour un autre homme que Sad.
    Sa mère dit , alors que son cercueil était emporté , et qu’elle pleurait:
    -Hélas , Umm Sad pour Sad , le brave et fier , chef glorieux , chevalier toujours prêt , montant sur la brêche , tranchant les têtes.
    L’apôtre a dit:
    -Chaque pleureuse ment sauf celle qui pleure Sad ibn Muadh.
    (…)
    Le jour des Banu Qurayza furent martyrisés parmi les musulmans des Banu al Harith ibn al Kharadj: Khallad ibn Suwayd (…). Une meule fut jetée contre lui et lui infligea une blessure fatale. On prétend que l’apôtre a dit:
    -Il recevra la récompense de deux martyrs.
    Abu Sinan (…) mourut quand l’apôtre d’Allah assiégeait les Banu Qurayza et il fut enterré au cimetière des Banu Qurayza , celui qui est en activité de nos jours. Ils enterraient ceux qui mouraient dans l’islam.

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